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 Sketch ou la névrose [Terminée]

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Race : Guêpe coucou
Féminin Messages : 89
Date d'inscription : 14/09/2016

MessageSujet: Sketch ou la névrose [Terminée]   Mer 14 Sep - 23:23


Sketch





Prénom ☀ Sketch
Âge ☀ 28 ans
Nationalité ☀ Anglaise
Sexe ☀ Féminin

Sexualité ☀ Bisexuelle à tendance homo
Groupe ☀ Hybride sauvage
Race ☀ Guêpe chrysis ignita
Image de l'animal ☀ Clique

Particularité ☀ Son torse et ses jambes sont recouverts de cicatrices.


Caractère
A première vue, Sketch est quelqu'un de très énergique. Toujours à courir partout juste parce qu'elle le peut, elle parle avec enthousiasme, s'intéresse à tout, elle a l'air de quelqu'un de sympa avec qui traîner et faire des conneries. Faire des conneries plus que traîner, cela dit, vu que ça l'amuse de taguer des rues, de casser des choses et de faire des blagues ridicules. Ce qui est certain, c'est qu'on ne s'ennuie pas avec elle.

Elle sourit tout le temps. Elle ne s'arrête que quand elle se met en colère, ce qui arrive assez vite. Mais autrement, elle n'a presque jamais l'air triste, et elle ne se plaint presque jamais. Si elle affiche devant vous un autre visage que le sourire, c'est uniquement que vous l'énervez. Et le problème, c'est qu'il est très facile de l'énerver. Elle a le sang bouillant et il brûle plus facilement qu'une marmite d'huile.

Elle peut sembler être une amie fidèle et sympathique, cela dit. Elle vous donne des surnoms, elle fait des blagues stupides,  elle est un peu blasée mais très taquine, même si elle a constamment l'air fatiguée, et elle vous apporte du soutien émotionnel dans les moments difficiles. Cela dit, si elle vous considère comme un ami, il faut sans doute commencer par vous poser quelques questions. Et être très prudent. Il suffit d'un mot de travers pour qu'elle parte dans des délires.

Parce qu'elle est grandement perturbée et complètement paranoïaque. Elle va cherche tous les signes dans le comportement de l'autre, qui indique qu'il lui ment, qu'il lui cache des choses, qu'il ne pense pas ce qu'il lui dit ou qu'il va la trahir. Elle peut partir dans d'incroyables délires concernant l'autre et ses intentions, et lui prêter tous les vices de l'humanité juste pour un regard de travers. Il faut la prendre avec de grande pincettes.

En vérité, Sketch n'est pas réellement une amie. C'est un chien de garde qui vous lèche occasionnellement. D'abord parce qu'elle surveille chacun de vos mots, et surtout chacune de vos opinions, sans avoir l'intention de débattre, juste de vous engueuler. Ensuite parce qu'elle est d'une jalousie maladive. Finalement parce qu'elle est extrêmement protectrice, et qu'elle a une saleté de tendance à partir dans des colères surhumaines quand on touche aux gens qu'elle aime. Et à faire des trucs stupides.

En amour, elle est d'une possessivité à faire peur et veut savoir votre emploi du temps exact, quand vous la laissez, ce que vous faites exactement pendant ce labs de temps, et quand vous revenez. Si vous divergez de quelques secondes, attendez-vous à une crise gigantesque, de charmantes insultes telles que "salope", "garage à bites" ou "banque à sperme", et à ce qu'elle vous imagine des centaines d'amants imaginaires.

Mais tout cela, c'est à condition que vous soyez un hybride. Elle hait les humains avec force, et dans son monde idéal, ils seraient tous morts ou très loin. Mais elle ne veut pas les tuer. Elle veut les asservir pour qu'ils sachent ce que cela fait. Même leurs enfants n'y échappent pas. Elle les déteste aussi. La liberté ? Pourquoi faire ? Ce n'est pas ce qui l'intéresse. Ce qu'elle veut, c'est la suprématie. Elle veut tenir les humains, qu'elle appelle les "larves", sous sa botte.

Elle reconnaît l'existence d'humains tolérants. En rencontrer ne changera pas son point de vue. Simplement, elle pense qu'être un humain et se prétendre tolérant envers les hybrides, dire qu'il les considère personnellement comme égaux, c'est choisir de vivre dans l'ombre et de refuser de voir les injustices dont ils sont victimes. De la même manière, être un hybride et refuser de haïr les humains, c'est vivre dans le déni ou avoir internalisé ce type d'intolérance.

Elle pense que la société humaine n'est qu'une gigantesque arène où règne la loi du plus fort. Qu'on ne peut réussir dans cette structure qu'à condition d'écraser les autres. Elle déteste cette idée. Et par conséquent, elle déteste les humains et leur politique aussi. Mais puisqu'elle est ainsi, alors elle veut en tirer parti. Elle veut montrer que les plus forts, entre les humains et les hybrides, ce sont les hybrides. Ainsi, ils pourront ensemble construire une nouvelle société plus juste, plus égalitaire, où régnera une nouvelle politique.

La politique en question est la loi du talion. C'est pour elle la seule vraie forme de justice, et la meilleure façon de gérer une société. Selon elle, les violeurs devraient être punis par le viol, les meurtriers par la mort et les voleurs par la confiscation de leurs biens. Il n'y a qu'une exception : quand un hybride commet ces actes sur un humain. Parce qu'après tout, les humains ont tous commis le crime de l'esclavage. Répondre par le viol, le meurtre et le vol est une peine similaire et toute naturelle.

Comme pour elle, la seule manière de comprendre son crime est de le subir à son tour, elle se bat pour asservir les humains. On peut penser que, selon son point de vue, ce sera alors au tour des hybride d'être asservis, et qu'on tombera alors dans une boucle sans fin. Mais elle ne voit pas les choses ainsi. Pour elle, les deux crimes s'annulent. Et si les humains ne comprennent pas leur forfait après avoir été réduits en esclavage, alors ils sont une cause perdue et méritent d'être tout simplement supprimés.

Elle est également eugéniste. Dans le sens où, pour elle, les hybrides sont génétiquement supérieurs aux êtres humains. Cela lui semble évident qu'ils en sont l'évolution. Ils prennent ce qu'il y a de meilleur chez les animaux et chez les hommes afin de former un être plus développé, qui tend vers l'idéal. Alors que les humains restent à un stade qu'elle dit primaire. D'où le terme qu'elle utilise pour les désigner : larves. Pour elle, ils ne sont pas finis. En un mot, inférieurs génétiquement et moralement.

Notez également que ce n'est pas parce que vous êtes hybride qu'elle vous considérera comme un ami. D'abord, il faut que vous partagiez ses idées destructrices. Sinon, c'est que vous êtes endoctriné par les humains, stupide et indigne d'intérêt. Elle n'aime pas beaucoup l'adversité, car elle s'énerve vite quand elle débat et traite rapidement les gens comme des moins que rien qui n'y connaissent rien. Cela dit, si vous avez la tête froide, elle pourra discuter longuement avec vous pour tenter de vous rallier à son point de vue.

Il n'y a qu'une seule chose qu'elle apprécie chez les humains, et c'est la culture populaire. Elle adore la bande dessinée de tous les pays, de nombreux bouquins fantastiques, et les jeux vidéos. Surtout les jeux vidéos. C'est sans doute l'une des seules choses qu'elle trouve digne d'intérêt chez les humains. Ils savent rêver. Et c'est finalement une grande rêveuse, elle aimerait vivre dans un autre univers. Parce qu'elle a l'impression que le monde réel entier attend l'un de ses moment de faiblesse pour l'avoir.

Elle ne sait pas si c'est pour cela, mais elle est aussi cleptomane et syllogomane. Elle vole toute ce qu'elle trouve sans même s'en rendre compte et adore accumuler des choses. A peu près n'importe quoi même. Des bouts de canettes, des porte clefs, des plaques d'immatriculation, des numéros de maison, des appareils cassés qu'elle trouve dans des décharges, mais surtout des jeux. Une montagne d'ordures trône dans la petite pièce, qu'elle a aménagé dans une usine désaffectée. C'est son trésor. Gare à qui y touche.

C'est une acrobate douée, et si elle avait été humaine, elle aurait sans doute été une bonne free runneuse. Son hobby favori, outre le vol et l'accumulation de trucs inutiles, est de courir de toit en toit, de sauter de fenêtre en fenêtre, de grimper à la façade des immeubles, de sauter par-dessus les rampes des escaliers avec quelques pirouettes pour la forme. Cela lui arrive de se ramasser, mais elle ne s'est pas encore blessée gravement.

Notez qu'elle a la lame facile. Elle n'hésitera pas à blesser un humain si elle se sent en danger ou s'il l'ennuie vraiment beaucoup trop. Les hybrides ont un peu moins de risques, cela dit. Mais Sketch n'est pas le genre à s’embarrasser de remords, elle est impulsive, perturbée et franchement imprévisible. Elle ne planifie rien et quand une idée lui passe par la tête, elle a du mal à peser le pour et le contre et agit avant que son cerveau en donne l'ordre.

Ce qui la rend plutôt dangereuse, parce qu'en plus d'être une acrobate, c'est une experte en combat à main nue et au poignard. La force brute n'est pas son truc. Elle reste une jeune fille et a conscience qu'elle aura plus de difficultés à supplanter quelqu'un en matière de puissance. Mais elle a appris à esquiver, à maîtriser chacun de ses mouvements, chacune de ses positions, et chacun de ses appuis. Par conséquent, elle sait exactement où frapper pour s'en tirer en combat. Elle ne tente jamais de tuer, en revanche, cela pourrait lui attirer des ennuis. Du moins, ça, c'est jusqu'au jour où elle réalisera son coup d'éclat.


Physique
Sketch est plus grande que la moyenne du haut de son mètre soixante-seize. Son corps est finement sculpté, car il s'agit d'une acrobate. Elle a la taille marquée, les jambes longues, et les bras musclés, car ils doivent souvent s'accrocher et la tracter. Ses abdominaux apparaissent clairement sur son ventre, sous sa poitrine de taille moyenne, même si elle préfère porter des sous-vêtements de sport qui maintiennent bien ses seins, voire les compressent.

Elle se fiche bien de sa féminité, ce n'est pas cela qui lui permettra de sauter plus haut ou de courir plus vite. Elle n'adopte pas un style volontairement masculin non plus. Elle s'en moque tout simplement. A qui voudrait-elle plaire ? Aux humains ? Par conséquent, elle ne se maquille pas, et elle porte des vêtements lâches, ou élastiques et près du corps, confortables, qui lui permettent de bouger facilement sans être gênée ni se blesser. Ainsi qu'une cape rouge, parfois, mais ça c'est pour la classe.

Comme elle pense pratique, elle se coupe les cheveux avec à peu près tout ce qu'elle trouve, juste histoire de ne pas en avoir dans les yeux, ni sur les oreilles car elle trouve cela désagréable. De ne pas être gênée ni les coincer quelque part. Cela explique son étrange coupe courte qui paraît n'avoir aucune forme de logique. On voit directement qu'elle n'a jamais vu un coiffeur de sa vie. Sa chevelure est d'une drôle de couleur bleu-verte, sans doute fruit de son hybridation.

En effet, c'est un insecte. Une guêpe coucou de type chrysis ignita, plus particulièrement. Elle déteste ses ailes, car elles sont trop sensibles. Par conséquent, elle ne les montre pratiquement jamais, et ne les sort pas de ses vêtements. De longues antennes s'allongent depuis sa tête, et c'est cela qui indique qu'elle est une hybride au premier coup d’œil, outre ses yeux et ses drôles de cheveux. Notez qu'elle ne pique pas, et qu'elle déteste qu'on lui pose la question.

Ses yeux sont rouges, et voient un peu moins que la moyenne, mais n'en sont pas à un stade dramatique. La preuve, elle peut toujours sauter partout et faire des pirouettes sans trop se blesser. Autrement, son visage est plutôt féminin. Un petit nez, un menton pointu, une bouche moyenne qui a tendance à s'étirer dans un sourire confiant. Elle porte des boucles d'oreille sans se les percer, juste pour le style, en plus de sa grosse bague en argent au pouce, mais ça c'est pour indiquer son orientation aux potentielles partenaires. Son petit complexe, c'est qu'elle a les cils verts, et que c'est un peu ridicule tout de même.

 


Histoire


Sketch est née en pleine forêt, d'un couple d'hybrides sauvages qui ont vécu en communauté. Elle a eu droit à tout ce qu'il faut. Des parents aimants, bien qu'aujourd'hui, elle ne se rappelle pas vraiment leur visage. Des amis et une famille. Son clan a vécu en nomade dans les tréfonds de la forêt, en organisant quelques battues vers la ville pour récupérer de quoi vivre et se soigner. En soi, c'est un début d'enfance plutôt banal pour une hybride sauvage.

Elle doit rapidement apprendre ce que certains hybrides sauvages font pour survivre. C'est pas compliqué, il faut courir partout. Ils sont en déplacement constant et ils volent tout ce qu'ils trouvent. Si quand elle est petite, elle voyage sur le dos de sa mère, elle finit par le faire toute seule et même trouver du plaisir à sauter comme une ahurie. C'est comme cela qu'elle a développé son corps de gymnaste et ses talents de free runneuse, un peu comme tous les membres de sa famille et ses amis.

Dans le groupe, elle est plutôt appréciée. C'est une sorte de meneuse qui cherche toujours un moyen d'impressionner tout le monde, pour qu'ils aient envie de venir la voir. Cela commence par des pirouettes et des backflips, ça finit par péter des fenêtres humaines à coups de tuyau de plomberie. Et avant que les flics débarquent, elle saute sur des poubelles pour grimper sur des toits. En soit, déjà petite, c'est une tarée, mais elle s'enfuit généralement en forêt avant de s'attirer trop d'ennuis.

Il faut dire qu'elle déteste les humains. Pas à cause d'une rancune personnelle. Mais parce que c'est une opinion commune. Tout le monde déteste les humains, dans sa famille et chez ses amis. D'après ses potes, ce sont des créatures assoiffées de pouvoir. Qui ne vivent que pour améliorer leur confort personnel. Qui ne pensent qu'à satisfaire des besoins primaires. Qui détruisent tout ce qui leur passe sous la main pour leur propre profit. Menteuses. Parfois violentes. Parfois sadiques.

Et comme notre Sketch est en manque constant d'attention, et qu'elle a tout le temps envie de se faire remarquer, elle se dit forcément qu'emmerder les humains est un bon moyen qu'on la regarde. Et un jour ça a dérapé, parce qu'il fallait forcément que ça dérape. Son clan s'installe dans des la forêt pendant quelques temps. Un humain s'y aventure sans autorisation.  Treize ans à tout casser. D'après Sketch, il n'a rien à foutre là et elle l'explose d'un coup de tuyau.

Cela aurait très bien pu s'arrêter là, mais là Sketch entend ses potes se marrer et l'acclamer. Elle se sent fière. Alors elle commence par écraser la main du gosse. Quand elle entend des exclamations approbatrices, elle lui donne un coup de pied dans la tête. Les autres se joignent à la fête. Forcément, cela finit très mal, avec du sang de gamin partout, pour être exact. Mais comme elle a à peu près son âge, elle ne se rend pas forcément compte de l'énormité de sa connerie.

Ce dont elle ne se doute pas, car elle est trop jeune, c'est que le petit humain va aller prévenir ses parents. Et que les parents vont forcément se mettre en colère. Parce qu'ils n'apprécient pas forcément que des saletés de bestioles fassent de la bouillie avec leur progéniture. Et qu'ils vont sans doute vouloir se venger. C'est qu'elle voit les humains comme des sales monstres, et qu'ils ne peuvent donc pas avoir de sentiments, même pour leurs marmots.

Forcément, la descente des chasseurs arrive très vite, et peu d'entre eux parviennent à s'en tirer. Sous l'effet de l'adrénaline, elle réalise une performance relativement impressionnante pour ses onze ans. Elle court pendant un long moment en sautant partout dans la forêt avant qu'on réussisse à la choper, complètement lessivée par sa course-poursuite. Enfant, elle est déjà  très athlétique, sans doute parce qu'elle se pousse à bout en permanence.

Étrangement, voir toute sa famille et ses amis se faire rafler ne l'a pas forcément adoucie. Au contraire, elle est folle de rage et de tristesse, et elle a l'impression d'avoir vécu une horrible injustice. Un agent demande au petit humain lequel d'entre eux l'a tabassé. Il pointe alors la petite du doigt. Complètement trempée par la sueur, elle ne sourcille même pas quand elle constate à quel point elle l'a amoché. Elle pense juste qu'elle est complètement foutue. Et elle n'a pas tort. Pendant que sa famille part vers le dressage, elle est donc emmenée par la police, le temps de décider quoi faire de son cas.

Quand les flics l'interrogent, elle constate son absence totale de remords. Le diagnostic du psychiatre tombe comme de la bouillie. Sans remords, agressive, dangereuse. Mais si elle n'a pas de remords, ce n'est pas que Sketch est incapable d'en ressentir. C'est qu'elle n'en ressent pas envers les humains. A part la colère, éventuellement. Comment ressentir de l'empathie pour des monstres qui n'en ont pas non plus ? Quoi qu'il en soit, ce diagnostic ridicule tombe, et on pense donc à l'envoyer en dressage intensif, et on la confie à nouveau aux chasseurs.

Seulement, parmi les chasseurs qui s'occupent de son cas, il y en a un, monsieur Matthews, qui se fait de la thune en formant des hybrides à la bagarre. Pour les revendre à des types qui organisent des combats de chien. A mort ou pas. Rarement à mort, cela dit. C'est que les hybrides, ça coûte cher. Il préfère la catégorie féminine, parce qu'étrangement, si les masculins sont bien plus sanglants, les féminins ont tendance à attirer beaucoup plus de pervers. C'est totalement illégal, certes, mais être chasseur donne une bonne couverture. En plus d'obtenir de la chair fraîche facilement.

Or, cette petite furie très endurante qui du haut de ses onze ans, est capable de cogner un gosse de son âge sans remord jusqu'à le défigurer, ainsi que de faire des figures de gymnastique quasiment dignes d'un yamakasi, l'intéresse plutôt. C'est exactement cela qui se vend bien. Des hybrides athlétiques et combatifs, avec un mental relativement bon, qui ne s'embarassent pas de scrupules et qui sont prêts à tout pour gagner. La suite n'est pas difficile à deviner, il se l'approprie plus ou moins illégalement.

Les prochaines années de sa vie se passent dans les caves d'une demeure dans la périphérie. Elle y rencontre Lucas, une hybride ours polaire de vingt-six ans. Son mentor. Sketch est destinée à être revendue. Lucas, elle, est l'hybride permanente de monsieur Matthews, et a l'ordre d'entraîner ceux qu'il s'approprie. Et de ne pas s'attacher. De toute manière, cette femme est bien trop dûre pour éprouver de l'affection. Toute sa vie, elle n'a connu que les combats.

Sketch dédie ses journées à l'apprentissage du combat à mains nues et à arme blanche. Les premiers temps, elle est rapidement maîtrisée par Lucas. Elle se débat, elle tente de frapper, elle saigne et elle pleure. Après tout, c'est une enfant. Mais ce n'est pas la vision d'un gosse en train de chialer qui attendrira l'hybride ours. "L'arène, c'est tu marches ou tu crèves", lui dit Lucas. "Tu survivras pas si t'es aussi molle. Ici c'est la loi du plus fort. T'es le plus fort, ou tu meurs."

Si monsieur Matthews laisse ses hybrides plutôt libres, dans le sens où il ne les emmerde pas et ne vient leur parler que pour vérifier que le boulot est fait, il reste assez à cheval sur les règles. Et cela signifie : coucher dans la cave, à huit heures tous les soirs. Lever à huit heure. Entraînement cinq heures par jour. Trois repas par jours, mais toujours ce qui apportera les bons nutriments. Protéïnes, quelques glucides, et des fibres. Tant que tout est fait, Lucas et Sketch ont le droit de se parler, et elles ne sont pas maltraitées. Pas de ses mains, du moins.

Elle assimile rapidement qu'il ne lui faudra montrer aucune pitié pour ses futurs adversaires, si elle veut survivre lorsqu'elle atteindra dix-huit ans. Mais ce n'est pas le plus difficile. Le plus difficile, c'est de se rendre compte à quel point elle n'est rien. Qu'une fois adulte, elle ne sera plus qu'un cheval de course sur lequel on pariera, et qui finira littéralement à la boucherie s'il est trop faible. Mais surtout, de ne plus avoir le droit de posséder des biens. C'est la preuve qu'elle n'est plus un individu : elle n'a plus rien, juste des vêtements à se foutre sur le dos. Et c'est insupportable.

Un jour, alors qu'elle frappe un mannequin dans la cave, elle croise la fille de monsieur Matthews. Une petite blonde un peu timide, le genre à se faire victimiser par ses camarades de classe. Ce qui est exactement le cas, en réalité. Elle n'a pas le droit d'aller voir les hybrides, mais elle désobéit de temps en temps, car elle les voit un peu comme des lapins en cage que son père sortirait pour en faire du civet. Cela la rend triste. Alors de temps en temps, elle vient leur faire des cadeaux. En l'occurence, elle offre du chocolat à Sketch.

Au début, Sketch pense que Léonie est une hybride, car elle est gentille avec elle. Quand elle apprend qu'elle est humaine, elle se sent trahie et en colère. Elle commence par la frapper. Comme la blonde prend un air blessé et incrédule, Sketch se dit qu'elle doit avoir des sentiments aussi, comme les hybrides. Peut-être qu'il y a une chance qu'elle ne soit pas totalement humaine. Alors elle décide de lui donner une chance. Une seule.

Léonie vient souvent la voir pour discuter. Elle lui apprend à faire des origamis à travers la cage. Elle lui raconte ses journées et lui ramène ses cours pour lui apprendre à lire. C'est à se demander si elle ne devient pas même un peu dépendante, car elle n'a pas beaucoup d'amis. Elle voit cette petite hybride de son âge comme une occasion de briser sa solitude. Alors elle vient lui parler de plus en plus souvent. Sketch, elle, lui apprend à faire des pirouettes. Cela l'amuse beaucoup et lui permet de tenir.

Elles deviennent tellement amies que Léonie finit par supplier monsieur Matthews de la laisser passer du temps avec Sketch. Il est réticent, car il ne veut pas que sa fille s'attache trop. Après tout, l'hybride guêpe ne va pas tarder à aller en ville pour se battre. Mais il aime tellement sa fille que, finalement, il se demande où est le mal. Après tout, c'est un peu comme laisser son gosse jouer avec le lapin de la ferme avant de l'égorger. Sketch obtient donc une autorisation de sortie à temps limité par jour.

Ce temps-là, elle le passe le plus souvent à courir comme une dératée. Cela lui fait un bien fou de pouvoir se dégourdir les jambes. Elle apprend le free running à Léonie. A quel point c'est génial de faire des parcours le plus vite possible avec tout ce qu'on trouve et de sauter partout en faisant des acrobaties. Cela devient leur activité préférée à toutes les deux. Se mettre en danger et faire absolument n'importe quoi. Heureusement, monsieur Matthews n'est pas au courant.

Quand elle ne fait pas cela, elle pique dans les collections de bande dessinées et de bouquins fantastiques de la blonde. Elles jouent à des jeux vidéos ensemblent, traînent sur leur ordinateur. L'hybride guêpe s'émerveille de tout ce qu'elle découvre. Elle se rend compte que les bande dessinées, les jeux, les livres, sont de belles choses. Et se demande pourquoi il n'y a rien d'aussi beau chez les hybrides, et pourquoi des créatures aussi horribles créent des choses aussi géniales.

Elle se rend compte aussi qu'elle aime beaucoup Léonie. Beaucoup trop. Et elle commence à douter. A se poser des tonnes de questions. Par exemple, s'ils sont vraiment tous les mêmes, ou s'ils sont vraiment des monstres. Si bolosser le petit humain, c'était vraiment une bonne chose. Cela commence par des interrogations. Puis des regrets. Puis des remords. Et cela devient insupportable, et elle finit dans le déni total, à se répéter qu'elle a bien fait, et que tout va bien.

Elle parle de ses interrogations à Lucas. Elle a beau être très dure, avec le temps, elle est un peu devenue sa confidente. Cette dernière lui retire toute responsabilité. Lui dit qu'elle a bien fait. Que Léonie est une exception. Qu'il vaut mieux se débarasser des enfants humains avant qu'ils deviennent des saloperies, de la gangrène comme leurs parents.  Qu'humains et hybrides sont incompatibles. Sketch aime cette idée. Elle apprécie l'idée de n'avoir rien à se reprocher. Elle a même très envie d'y croire.

"Ils ne veulent pas de toi. En fait, je vais t'apprendre un truc. Même Léonie et toi, vous êtes incompatibles. Tu peux pas vivre comme une humaine, ni avec les humains, car t'as besoin d'eux pour tout faire. Pour trouver du taff, pour taffer, pour avoir le droit d'apprendre, pour te faire soigner, pour bouffer, pour boire, pour vivre en fait. Que crois-tu qu'il se passera, quand Matthews t'enverra en ville ? A mon avis, sa gamine aura trouvé d'autres copains, sera lassée et t'oubliera."

Sketch doute beaucoup, de plus en plus à mesure que les jours passent. Est-ce réellement une bonne chose, que certains humains comme Léonie jouent les bien pensants ? Pendant que la société repose sur l'asservissement de la moitié de la population ? Ne tentent-ils pas de se donner bonne conscience ? Est-ce que Léonie n'a pas prévu de l'abandonner ? Peuvent-ils réellement échapper à l'idée que les hybrides, et elles, sont différents ?

Elle a beau être mal à l'aise, elle met ses doutes de côté le jour où elle voit Léonie rentrer avec un bleu. En plein sur l'oeil. Elle dit qu'elle est tombée, mais Sketch ne la croit pas. Elle s'énerve. Elle la secoue. Elle lui demande qui. La blonde n'a pas envie d'en parler. Elle se sent faible. Elle a honte. Elle pense que c'est de sa faute. Elle a peur que les choses empirent. Mais elle finit par l'avouer. Ce sont les autres humains de sa classe.

Sketch entre dans une colère noire. Elle comprend tout. Les humains sont des bêtes. Leur société est une lutte permanente. C'est la loi du plus fort. Ils passent leur temps à se marcher dessus. En vérité, les êtres humains ne peuvent devenir plus puissants qu'en écrasant l'autre. Non seulement les hybrides, mais aussi entre eux. D'un seul coup, elle a l'impression d'avoir tout compris à leurs mécanismes. Léonie est faible. C'est pour ça qu'ils la prennent pour cible. Si Sketch leur montre qu'il y a plus fort qu'eux, ils la laisseront tranquille.

Le jour suivant, Sketch sèche son entraînement. Elle fugue de la maison pour suivre Léonie sur le chemin de l'école. On s'en doute, mais quand une hybride de combat est lâchée dans une école secondaire, cela ne donne pas forcément du bon. Lorsque la cloche sonne, elle se colle au grillage. Elle cherche sa petite blonde du regard. Elle ne veut surtout pas la manquer. Elle ne veut surtout pas que ces humains de merde lui fassent encore du mal.

Lorsqu'elle la trouve, elle longe le grillage comme un animal, ou le pire des stalkers qui traquerait sa proie. Elle ne veut surtout pas la perdre de vue. Surtout pas. Elle la suit jusque derrière l'établissement. Pourquoi va-t-elle si loin ? Elle doit bien avoir une raison ? Elle finit par apercevoir d'autres humains. Deux mecs. Ils la plaquent contre le mur. Sketch n'a pas besoin d'en voir plus que cela.

“Bande de saloperies. De saloperies. De saloperies.” Elle parle de plus en plus fort. Elle escalade. Elle va casser quelque chose. Elle va casser quelqu'un. Elle va les casser en trois, pour être exact. Elle court vers eux comme une possédée. Elle attrape le premier. Elle lui éclate la tête contre le mur et plante le deuxième dans la cuisse. C'est la deuxième fois qu'on retrouve du sang de gamin partout par terre à cause d'elle.

C'est Léonie qui doit l'attraper pour la retenir. Sketch se débat. Mais quand elle entend sa voix, elle se calme un peu. Elle leur donne quand même un dernier coup de pression. “Interdit de la toucher. Interdit de lui parler. Si j'apprends que vous, ou n'importe qui dans cette putain d'école, a adressé la parole à ma Léonie, on retrouvera ni reconnaîtra jamais votre corps. J'ai manqué de près le dressage intensif pour tentative de meurtre, j'en ai rien à branler”.  Direct et efficace.

C'est un peu moins efficace sur monsieur Matthews, cela dit. Après tout, il détient Sketch illégalement, vu qu'elle n'a toujours que quinze ans, et la voir tabasser des gamins n'est pas forcément bon pour son business. Il décide donc, après l'avoir punie à bons coups de lanière de cuir, de la faire passer pour une simple sauvage. La police croirait sûrement cette version. Une petite humaine, harcelée scolairement, s'entiche d'une hybride sauvage à cause de ses carences affectives. L'hybride sauvage remarque le harcèlement et décide de faire quelque chose. Cela se tient.

Pendant quelques temps, il ne garde que son hybride “officielle” chez lui, et envoie Sketch chez l'un de ses amis. Ami qui est beaucoup moins “sympa” que lui, par ailleurs. Mais cela ne dérange pas forcément l'hybride. Ce qui l'ennuie, c'est qu'elle n'a pas pu dire un mot à Léonie. Elle a débarqué, elle a tabassé les gosses, elle s'est barrée. Elle n'a même pas pu s'expliquer. Est-ce que cela a seulement changé quoi que ce soit ? Elle et Lucas lui manquent. Elle veut rejouer aux jeux vidéo avec sa petite blonde comme tous les soirs.

Un mois plus tard, Sketch revient à la maison. Monsieur Matthews prend Sketch à part. “Ecoute, je ne veux plus que tu fasses ça. Léonie m'a raconté. Tu as voulu protéger ma fille. Mais au lieu de tenter de régler ça toute seule, tu aurais pu m'en parler. J'aurais trouvé une solution. En tout cas, je pense que ces gosses ne l'approcheront plus, et pour ça tu as ma gratitude, mais ne fait plus jamais ce genre de choses.”

Cet abruti doit se croire aux pays du sucre. Du moins, c'est ce que Sketch pense à ce moment. Elle sait très bien qu'aucun recours officiel n'aurait aidé Léonie. Qu'est-ce qu'il aurait fait ? Il l'aurait dit à un professeur ? Et le professeur aurait parlé à la classe ? Connerie. Les humains s'en foutent, il n'y a que la menace qu'ils comprennent, la peur de la punition. Elle auraitdû faire pire, elle aurait dû leur crever les yeux, leur couper la langue, les rendre handicapés pour être sûre.

Au moins, monsieur Matthews lui permet de passer plus de temps avec Léonie. Et elle est soulagée. Elle a cru qu'il refuserait qu'elle la voie, pour la punir. Mais non. Il est reconnaissant, au moins un peu. Sketch s'en étonne. Elle croit pourant qu'il n'y a pas la moindre parcelle d'”humanité” chez lui. Mais visiblement, il est capable de ressentir de l'empathie. Cela paraît incroyable à la guêpe, mais elle ne fait pas de commentaire, parce qu'elle est heureuse de voir sa petite blonde.

Quand elle la revoit pour la première fois depuis un mois, elle se jette littéralement dans ses bras. “Sketch”, dit cette dernière, “je t'ai fait ça. Je l'ai cousue moi-même.” Elle lui tend une cape rouge et noire en soie, soigneusement réalisée. “C'est parce que tu es une vraie héroïne. Mon héroïne. Et les super héros ont besoin d'une cape, c'est comme ça.” Sketch rougit. Léonie rit légèrement. Elle est très jolie quand elle rit. “Ok, c'est complètement débile, je sais. Je ferais mieux de faire mes devoirs.”

Sketch ne trouve pas cela débile. Mais elle aide quand même Léonie à réviser. Car cela lui permet d'apprendre en même temps. Malheureusement, elle n'est pas très concentrée. Elle s'amuse à imiter les héros de comics avec sa nouvelle cape. Cela fait rire la blonde, qui ne parvient pas à travailler non plus. Puis la guêpe, après avoir fait beaucoup de conneries, finit par tomber sur le lit de son amie, lessivée.

Elle garde les yeux fermés pendant quelques instants. Elle ne doit pas s'endormir. Elle va encore se faire engueuler, sinon. Le père Matthews n'aime pas qu'elle passe la nuit dans la chambre de sa fille. Mais elle se repose tout de même un petit moment. Elle a l'impression que rien ne pourrait la déranger. Mais cela, c'est avant que quelque chose de froid atterisse sur ses lèvres.

La petite blonde recule comme une fusée. “Je... suis désolée”, bafouille-t-elle. “Tu avais l'air de dormir et puis tes lèvres étaient brillantes à cause de la sueur et je croyais que enfin je...” elle s'arrête. Elle a pris la couleur du mercurochrome. Il faut un moment pour que Sketch comprenne ce qu'il s'est passé. Et pour qu'elle comprenne aussi qu'elle vient de vivre le premier baiser le plus pathétique de l'histoire de l'univers, mais au moins il lui ressemble.

Léonie a l'air d'avoir envie de disparaître. Elle se tortille et tripote ses cheveux. Comme en attente de la sentence. Sketch ne sait pas quoi dire. Elle a la tête d'un poisson rouge et les joues de la même couleur. “Je... enfin tu... euh... quoi... tu peux continuer... ça me gêne pas...” c'est d'un ridicule absolu, mais au moins ça fait le taff. Parce que le même soir, elles dorment ensemble. Et quand on dit “dormir”, cela signifie qu'elles ne dorment pas du tout.

Le lendemain, Sketch est très troublée. Elle regrette même un peu, car elle ne sait pas dans quoi elle s'embarque. Son premier réflexe est de se confier à Lucas. Avec le temps, l'hybride ours est devenue comme sa mère. Elle saura quoi faire et ne la jugera pas. Et forcément, elle ne mâche pas ses mots. “Tu es folle. Elle va jouer avec toi pendant quelques années, puis elle va se rendre compte qu'elle ne peut pas t'épouser ni adopter avec toi, et elle va te quitter. Même si elle ne te quitte pas, le système humain ne veut pas vous voir ensemble. Tu es naïve.”

Sketch n'a plus envie d'y croire. Elle fait confiance à Léonie. Elle n'est pas comme les autres humains. Elle a vécu des choses difficiles, comme les hybrides. Elle a vécu cette loi du plus fort. Elle a vécu cette oppression des faibles. Elle sait ce qu'est la souffrance. Elle n'en causera pas. Ou du moins, l'hybride guêpe ne veut pas croire qu'elle en causera. Au fond d'elle, elle doute. Parce qu'elle sait que chaque hybride qu'elle a connu lui aurait dit la même chose. Et qu'elle fait confiance aux hybrides aussi. Ils savent ce qu'ils disent.

Pourtant, elle est tellement heureuse avec Léonie. Elle la comprend mieux que personne. Comment pourrait-elle se diriger vers quelqu'un d'autre ? Vers une humaine, ou même vers un humain ? Sketch est son héroïne. Elle l'a dit. Parfois, l'hybride guêpe serre très fort sa petite amie, trop fort. Jusqu'à l'étouffer, et qu'elle lui fasse part de son inconfort. Elle a l'impression que si elle ne la tient pas le plus fort possible, elle va s'évaporer dans les airs ou avec la première saloperie venue.

Mais un jour arrive le jour fatidique. C'est celui de ses dix-huit ans. Voilà sept ans qu'elle est l'hybride de monsieur Matthews. Et voilà qu'elle a enfin terminé son entraînement. Elle doit enfin partir pour la ville pour être revendue. Gagner des combats et ramener de l'argent. Les deux amoureuses ont épuisé leur stock de larmes pour toute leur vie ce jour-ci. Léonie supplie son père. Ce dernier s'y est attendu. Mais pour lui, ce n'est toujours pas pire que d'égorger le lapin avec qui son enfant a joué pour faire le civet. Il ne veut rien entendre.

“Promets-moi que tu vas gagner tous tes combats, Sketch”, lui dit Léonie. “Je ne veux surtout pas que tu te blesses gravement. En échange je te promets qu'une fois que j'aurai terminé mes études, je reviendrai te chercher à Londres, je t'achèterai à ton futur propriétaire et on ira vivre ensemble dans une petite maison, comme si on était mariées.” Sketch lui sourit. “Tu parles. Je perdrai pas un combat. Mais tu as intérêt à revenir. Je te jure. Tu as intérêt.”

Les murs de cette ville ont des airs de prisons. L'absence de sa petite blonde lui pèse. Les cages de la demeure de Matthews ne sont rien face à celles sur lesquelles se jettent les hybrides du marché noir. Elle s'accroche à Lucas comme un enfant à la jupe de sa mère. C'est exactement ce qu'elle est. Une gamine qui découvre le vrai monde et qui se rend compte qu'il est encore pire que ce qu'elle croit. Elle veut se montrer impassible, mais c'est parfois trop dur.

Elle ne sait pas si c'est la chance ou le destin, mais un acheteur propose un prix faramineux pour l'avoir elle et Lucas. Monsieur Matthews accepte, car cela servira à couvrir ses dépenses pendant un bon moment. Elle se sent terriblement soulagée. Être privée non seulement de son amoureuse, mais aussi de sa mère de substitution, et se retrouver toute seule, cela l'aurait tuée. Elles sont enfermées dans des cages séparées, dans la cave de l'homme, cela dit. Dans la troisième se trouve un hybride masculin.

En route vers l'arène, qui se trouve dans les sous-sols d'un vieux bar, elle commence à paniquer. Elle ne veut pas se battre. Elle a peur pour la première fois de sa vie. Et si elle ne peut pas tenir sa promesse ? Si elle se prend un coup mal placé ? Si on la blesse à l'estomac ? Au cou ? A la cage thoracique ? Tous les coups sont permis, après tout, et les hybrides face à elle ont aussi la rage de gagner. Mais surtout de vivre. Ce qui est certain, c'est que si elle s'adoucit et commence à flipper maintenant, elle ne va pas faire long feu.

Elle ressort de son premier combat en saignant de partout. Mais elle a tout de même vaincu son adversaire. Une pauvre hybride requin qui n'a sans doute rien demandé de plus qu'elle. L'adrénaline fait place aux remords. Elle espère que la pauvre pourra remettre son nez en place. Mais malgré ses blessures, Sketch est en un seul morceau. Pour le moment. Et elle a ramené beaucoup d'argent à son maître, car peu ont parié sur elle. Guêpe contre requin, on ne s'attend pas forcément à voir gagner la guêpe.

Ce qui la dégoûte le plus, ce n'est pas la peur, ce n'est pas l'adrénaline, ce n'est pas la douleur, ni la sueur, ni le combat. Ce sont les humains. Ce sont ces putain d'humains qui s'agitent dans les tribunes. Sketch est de plus en plus certaine qu'ils sont des  foutues bêtes. Cela les amuse, la loi de la jungle. Cela les amuse, d'enfoncer les hybrides dans leurs conneries. De leur faire subir ce qu'ils subissent toujours.

Elle voit la différence avec les hybrides. Ils se battent pour survivre. Ils sont impitoyables pour survivre. Ils se débattent avec force pendant le combat, mais à la fin, ils s'excusent presque toujours. Les humains, eux, le sont par plaisir. Et pour le pouvoir. Parce que l'argent amène le pouvoir. Elle veut leur faire subir la même chose. Elle veut qu'ils se retrouvent tous dans une arène. Elle veut qu'ils se battent tous à mort et achever le dernier. Elle les hait de plus en plus, jusqu'à se rappeler que Léonie existe, et qu'elle l'attend toujours.

Sans Lucas pour la soutenir, elle ne tiendrait sans doute pas. Mais les autres hybrides lui parlent aussi. C'est donc dans ces années noires qu'elle parle pour la première fois à Lacène, l'hybride masculin dans la cage à côté d'elle. Un dragon de komodo. Pour lui, c'est encore pire. Il est dans les catégories masculines. Et on n'en ressort pas qu'avec des bleus ou des coupures, mais souvent avec des os pétés et des hemmoragies. Pas que les femmes ne se blessent jamais, au contraire. Mais chez elles, ce n'est au moins pas systématique.

C'est entre autres comme cela qu'il s'est fait ouvrir une partie de la joue. Il en veut terriblement aux humains. Il les hait de toutes ses forces. Sketch tente encore de ne pas le faire. Quand il lui demande ce qui la pousse à se battre, elle lui raconte qu'une gentille petite humaine l'attend dehors, et qu'elles vivront heureuses toutes les deux si elles s'en tire. Qu'elle veut encore pouvoir toucher à une manette ou à un bouquin. Qu'elle veut pouvoir courir à nouveau. Sauter à nouveau de toits en toits et de rampe en rampe.

Comme tous les autres hybrides, il ne mâche pas ses mots non plus. “En sept ans, elle aura le temps de t'oublier, ta connasse. Tu verras qu'elle ne reviendra pas. Elle va juste se trouver un gentil petit humain pendant ses études et pondre de l'engeance de saloperie. P'têtre qu'elle t'a aimée, j'en sais rien, mais les humains sont comme ça. Quand ils voient pas quelqu'un pendant sept ans, ils passent à autre chose. Surtout qu'elle va se rendre compte que vous avez rien à foutre ensemble. Vous pouvez pas vous marier ni rien.”

Le pire, c'est que Sketch a peur qu'il ait raison. Finalement, les humains, même quand ils sont sympas comme Léonie, les voient sans doute toujours comme des hybrides. Et “comme des hybrides”, ça veut dire “differemment”. Ils ne les voient jamais exactement de la même manière que s'ils étaient exactement les mêmes personnes, mais sans attributs animaux. Il est impossible d'y échapper. Et il est possible que Léonie n'y échappe pas non plus. Mais elle ne veut pas y croire. Elle attend que Léonie revienne pour se prouver le contraire, à elle et Lacène.

Cela dit, Lacène lui fait promettre quelque chose. “Si jamais ta connasse ne revient pas, et même si elle revient d'ailleurs, promets-moi que tu vas m'aider. On prépare une mutinerie avec des potes de l'arène. C'est pas compliqué, faut juste trouver un moyen de prévenir les flics. Là on peut pas parce qu'on est surveillés et qu'on peut pas sortir, mais si jamais tu trouves une faille, n'importe laquelle, tu prends une copie de cette lettre et tu cours vers les poulets. On va se faire transférer ailleurs et ce cauchemar se terminera enfin. Je dis ça qu'aux gens en qui j'ai confiance, alors me trahis pas.” Sketch accepte et prend la lettre.

Les années qui suivent sont d'abord un enfer. Puis, elles deviennent une routine. On se bat, on se casse ou coupe un truc ou deux, on s'excuse, on rentre, on se soigne et on se soutient. On crache un peu à la gueule des humains dans leur dos. Et puis Sketch va s'entraîner avec Lucas ou Lacène. Puis elle va s'enfermer dans sa petite cage, et elle serre la cape que Léonie lui a offert contre soi. Elle est un peu abîmée, mais elle lui rappelle toujours qu'elle va revenir la chercher. Elle en est sûre, elle ne doute pas.

Le jour de ses vingt-cinq ans, Sketch croit qu'elle va mourir d'impatience. Léonie a enfin terminé ses études. Elle va enfin revenir. Toutes ces années passées à l'attendre. A s'accrocher à un bout de tissu. A terminer des combats sans merci avec des bleus et des cicatrices, en se disant que de toute façon, sa petite blonde ne va pas tarder. Elle se demande si elle a changé. Peut-être qu'elle est devenue plus mature. Sans doute plus jolie.

Elle arrive en effet quelques mois plus tard. Elle vient la voir dans l'arène. Et elle a changé. Elle a abandonné ses pulls à carreaux pour de jolis chemisiers, et ses pantalons pour des jupes. Ses cheveux sont plus longs et mieux coiffés. Elle a une démarche plus assurée, et toute féminine. Elle a aussi pris quelques centimètres et son visage est devenu plus mature. Sketch la trouve à tomber. A part ses cicatrices et sa prise de volume, elle ne doit pas avoir beaucoup changé, elle. Elle en aurait presque honte.

Elle ne sait d'abord pas quoi faire. Sans doute l'embrasser. C'est ce dont elle a le plus envie, tout de suite. Elle s'approche d'elle fébrilement. On croirait qu'elle a de la fièvre. Elle tend bêtement les bras vers sa petite, ou plutôt sa grande désormais, blonde. Mais Léonie la repousse. Sketch ne comprend pas. Sa petite amie, avec l'autorisation du maître de Sketch, la sort de sa cage et l'invite à monter dans une salle à l'étage, pour parler en priver. La guêpe la suit.

Léonie ferme la porte derrière elles et s'assoit. Sketch cherche encore à l'embrasser. La blonde la repousse encore. La guêpe commence à paniquer. “Ecoute Sketch”, dit-elle. “Je sais qu'on est toutes les deux passées à autre chose, en sept ans. J'ai rencontré un homme pendant mes études. Un homme humain. J'ai adoré le temps qu'on a passé ensemble, mais tu sais comme moi qu'un hybride et un humain, ce n'est pas possible. On n'a pas vraiment d'avenir. Enfin, je t'ai quand même promis de venir te chercher. Alors, j'aimerais beaucoup t'acheter quand même... et qu'on reste amies.”

Sketch reste un instant interdite. Elle fixe le vide devant elle. Il lui faut un moment. Un long moment. De longues secondes avant que l'information fasse le chemin dans son système nerveux. Elle ne peut pas y croire. Elle a l'impression de voir toutes ses craintes lui tomber en plein sur le coin de la face. Elle comprend que Lucas raison. Que Lucas a raison depuis le début. Ainsi que Lacène et tous les autres hybrides de combat. Ils ont tous raison. Humains de merde.

C'en est trop pour elle. Humains de merde. La guêpe a un soudain accès de rage. Ses poings se serrent. Son visage se crispe. Elle sent ses dents inférieures et supérieures se ronger mutuellement. Son sang pulser dans ses tempes. Humains de merde. Elle regarde partout. Elle cherche n'importe quoi. Elle trouve. Ironiquement, c'est un tuyau de plomberie. Elle ne réfléchit plus. Elle le ramasse. Elle se retourne. Elle frappe Léonie. De toutes ses forces.

"Tu t'es foutue de moi !"

Un craquement sonore. Léonie tombe. La pression retombe. Sketch respire. Léonie ne bouge plus. L'hybride guêpe est horrifiée. Le tuyau lui tombe des mains. Elle s'accroupit devant son amie. Elle la secoue un peu. Elle l'appelle. Plusieurs fois. Un bleu se forme dans son cou. Du sang coule de sa bouche. Elle ne respire pas. La guêpe halète rapidement. Elle hyperventile. Elle n'arrive pas à y croire. Qu'est-ce qu'elle a fait ? Elle frappe Léonie. Rien ne se passe. Sketch recule. Elle voudrait hurler. Aucun son ne sort.

Elle aurait pu être triste. Elle aurait pu s'en vouloir affreusement. Ce n'est pas le cas. Elle est seulement terrifiée. Elle panique complètement. Il va aller chercher la police. Ils vont faire l'autopsie. Ils vont découvrir de quoi Léonie est morte. Le père va comprendre. Ils vont retrouver Sketch. Ils vont l'enfermer. Ils vont la piquer. Elle ne veut pas mourir. Elle ne veut pas aller au dressage. Elle refuse.

D'abord, elle ne sait pas quoi faire. Elle s'écroule. Elle a une crise de spasmes et de pleurs incontrôlables. Elle n'arrive toujours pas à croire ce qu'elle a fait. Elle ne peut pas avoir tué sa Léonie. Elle ne peut pas avoir tué sa petite blonde par accident, juste parce qu'elle est stupide et impulsive. C'est impossible. C'est un cauchemar. Elle va se réveiller. Elle tremble tellement qu'on la croirait en pleine épilepsie. Elle ne sait plus si le liquide qui la recouvre est fait de larmes et de sueurs. Elle n'arrive pas à se calmer.

Mais là, elle se rappelle de sa promesse. “Si jamais tu trouves une faille, n'importe laquelle, tu prends une copie de cette lettre et tu cours vers les poulets”. Elle respire difficilement, mais plus lentement. Les larmes cessent doucement de couler. C'est effectivement une faille. Elle est sortie de sa cage, dans une petite pièce, avec vue directe sur la rue. Peut-être que c'est le moment, et qu'il ne faut pas qu'elle panique. Si elle ne peut pas se sauver elle-même, elle pourra peut-être sauver les hybrides de combat. C'est une consolation comme une autre.

Elle brise la fenêtre avec son tuyau. Et c'est là qu'elle se rend compte à quel point elle a bien fait de s'entraîner au free running, petite. Elle court de toit en toit à la vitesse d'une fusée, même si elle ne sait pas si ce sont ses capacités ou l'adrénaline qui la poussent à ce point. Dans tous les cas, elle se jette pratiquement à l'intérieur du commissariat en fracassant les portes au passage. Elle sue. Elle pleure. Elle hyperventile. On la regarde étrangement.

Elle donne la lettre au guichet. On la fait attendre. Elle croit que son coeur va lâcher avant qu'ils se décident à intervenir. Elle hésite à leur faire bouffer leurs papiers. Et puis, finalement, ils se rendent peu à peu compte que c'est un peu un cas d'urgence, et ils partent en équipe vers le bar où se trouve l'arène. Enfin, ce n'est pas trop tôt. Putain d'humains et leur paperasse, elle a envie de les tuer.

Tous les humains sur place sont arrêtés. Sketch observe la scène en respirant de façon erratique. Il faut aussi qu'ils enquêtent, qu'ils trouvent les maîtres, qu'ils les arrêtent et libère les autres hybrides en plus de Lucas et Lacène. Cela dit, faute de trouver des informations, en cherchant, ils trouvent le cadavre d'une jeune femme à l'étage du bar, à côté d'une fenêtre brisée. Sketch devient livide. C'est la fin. C'est sa fin. Elle est terminée pour de bon.

Lucas remarque le visage de l'hybride guêpe. Elle la connaît comme personne. Comme sa fille, plutôt. Alors elle comprend et elle se dénonce à sa place. Sketch voudrait huler, dire que non, que c'est elle, qu'ils ne doivent pas emmener Lucas, et qu'elle n'a rien fait. Mais elle est figée. Complètement statique. Incapable de rien. Or tout le monde sait ce qui arrivera. Un hybride qui tue un humain ne s'en sortira jamais indemne.

Ils emmènent l'hybride ourse. Sketch s'enfonce ses ongles dans la paume de ses mains. Elle a envie de s'arracher son propre visage. Elle le mérite. C'est une lâche. C'est la pire lâche qui soit. Comment ose-t-elle rester immobile alors que sa mère va se faire punir à sa place ? Sa bouche s'ouvre, il ne sort aucun son. Elle se hait. Elle se hait terriblement. Lacène lui pose la main sur l'épaule. Elle s'apaise un peu, mais tremble toujours.

Les humains descendent encore plus bas, là où quelques hybrides sont gardés dans des cages en attente des combats. Ils les ouvrent et leur passent les menottes comme s'ils étaient les criminels. Après tout, ils seront sans doute transférés en animalerie, à présent. Dans un endroit plus "éthique". Sketch déteste cette idée. Elle ne veut plus les voir. Elle ne veut plus jamais voir des humains de sa vie.

Et puis, alors qu'ils montent à l'étage, Lacène hurle. "Maintenant !" Sketch croit rêver. Contre toute attente, tous les hybrides se rebellent d'un coup. Ils utilisent leurs menottes pour attraper le cou de l'humain qui les emmène. Ils les frappent. Certains policiers tentent de se défendre. Mais sans doute que les meilleurs cours de self defense ne peuvent rien contre des hybrides de combat enragés et meurtriers. Personne ne se fait tuer, mais quelques uns finissent bien amochés, et tout le monde s'enfuit.

Lacène prend Sketch par la main. Il l'emmène dehors. Les hybrides se dispersent. La police tente de les suivre, mais ils ne savent pas lequel choisir, puisqu'ils courent tous dans une direction différente. Un peu comme un troupeau de proies qui tenteraient d'échapper à des chiens. Le dragon de Komodo emmène Sketch dans la forêt, le plus loin possible. Avant d'être un hybride de combat, il est sauvage.

Ils finissent par s'étaler sur le sol, exténué. Lacène caresse la tête de Sketch. "T'es géniale. T'es une héroïne. Tu l'as fait. Enfin on l'a fait. C'est grâce à toi qu'on a pu se barrer." L'hybride guêpe a plutôt envie de pleurer. On aurait pu penser qu'elle le prendrait comme une leçon. Qu'en voyant Lucas se faire emmener, elle se dise : "tiens, ça me fait réfléchir, peut-être qu'il faudrait que nous vivions ensemble, et peut-être que les humains ont le droit de vivre autant que moi". Elle ne se dit rien de ça. Elle a juste envie de hurler. De se venger de la vengeance. Cela peut sembler ironique, mais il y a longtemps que tout n'est plus clair dans sa tête.

"Tu t'sens coupable, Sketch. Je le vois", finit-il par dire. "Mais c'est pas toi. C'est les humains. C'est eux qui t'ont poussée à ça. T'aurais jamais eu besoin de faire ça s'ils t'avaient traitée comme égale au départ, et si c'était pas des saloperies. Elle t'a dit quoi ta connasse ? J'avais raison c'est ça ? Ou alors c'est juste que tu l'as butée pour nous ? Tu nous as choisis plutôt qu'elle, nan ? Alors t'as fait le bon choix. Moi je te laisserai jamais tomber et les hybrides non plus."

Sketch lui sourit. Elle a d'abord envie de croire à ce qu'il dit. Puis, elle finit par s'en convaincre. Elle en a la preuve désormais. Les humains sont des saloperies. Même leurs forces de l'ordre. Après tout, leur premier réflexe n'a même pas été de les aider, mais de leur mettre les menottes pour les emmener. Léonie ne l'a vue que comme un passe-temps pour se sentir moins seule. Leur société n'est qu'une vaste arène, et ça les amuse de voir ceux qu'une telle vie n'intéresse pas se battre comme des chiens.

"J'ai envie qu'ils sachent ce que ça fait", dit-elle froidement. "Je veux qu'ils payent tous pour leurs crimes. Ils sont tous coupables, tous. Coupables d'indifférence. Si la justice peut pas faire son boulot, alors il faut qu'on la fasse, nous, Lacène. Tous les humains qui ont eu un hybride un jour. Tous ceux qui ont fermé les yeux. Faut les buter tous, tous ! Ils le méritent. Ils ne nous traiteront jamais comme égaux, pourquoi on devrait le faire ?"

Sa voix tremble un peu. Lacène est d'accord. "D'abord faut qu'on se fasse un peu oublier. Lucas va nous faire gagner du temps, mais les flics connaissent notre visage. On retournera en ville dans un an ou deux. Là je pourrai te présenter à certaines connaissances. T'sais, le vent de la rébellion souffle déjà. J'en connais plein, des hybrides qui en ont marre. J'en connais plein qui se feraient sauter rien que pour buter quelques humains. J'suis sûr que t'es pareille."

C'est ce qu'ils font. D'abord, ils passent deux années en forêt, où ils survivent dans un camp d'hybrides sauvages. Puis, ils retournent en ville. Ils s'aménagent une petite salle dans une usine desaffectée. Pour la première fois de sa vie, elle découvre le bonheur d'avoir un endroit à elle. Elle a enfin le droit à nouveau, après toutes ses années, de posséder des objets. Des objets à soi et à personne d'autre.

C'est là qu'elle commence à les accumuler. Elle s'approprie un peu n'importe quoi. Elle ramène des pin's, des plaques d'égoût, des bande dessinées, de petits bijoux en plastique, des numéros de maison, des cailloux, des montres, des horloges, un peu tout ce qu'elle peut trouver ou dérober. Parfois, elle ne se rend même pas compte qu'elle les a volés. Et une partie de l'usine ressemble rapidement à une décharge. Cela fait beaucoup rire Lacène, qui trouve de nouvelles babioles et saloperies chaque fois qu'il rentre.

L'hybride dragon de komodo vit avec elle, mange avec elle, dort avec elle, mais ils ne sont pas amants. Ils sont amis et ne ressentent rien de plus l'un pour l'autre. Sketch cache plus ou moins ses attributs quand elle sort, et ils tirent profit de leur tatouage pour se fondre dans la masse sans trop risquer de se faire arrêter. Lacène reçoit souvent des messages de ses contacts rebelles. Ils ne font pas encore confiance à Sketch. C'est qu'il ne la connaissent pas et qu'ils ne sont pas sûrs qu'elle soit fiable.

Mais elle est fiable. Son but n'est plus d'obtenir la liberté. Ce qu'elle veut, c'est la suprématie. Elle veut que les humains sachent ce que cela fait d'être traités comme des poupées. Elle veut qu'ils sachent ce que cela fait d'être des animaux, des objets. Que l'on peut revendre. Acheter à sa guise. Enfermer. Dont on peut disposer. Dont on peut se servir. Les humains sont d'horribles créatures. Elle le leur fera comprendre.

Et c'est pour cela qu'un an plus tard, alors qu'elle en a vingt-huit on l'informe que la rébellion débute bientôt. Lacène doit quitter la maison quelques temps. Elle est seule en attendant. Mais elle ne restera pas sans rien faire. Elle aussi, elle fait maintenant partie du vent qui se lève...


Pseudo ☀ Momo
Âge ☀ Pwait
Comment es-tu arrivé ici ? ☀ J'étais déjà là
Votre avatarWriggle Nightbug || Touhou Project
Autre chose à dire ? ☀ idjzdjzejd
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Petit plus
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MessageSujet: Re: Sketch ou la névrose [Terminée]   Jeu 15 Sep - 14:03



Tu es validé(e) !





Petit commentaire ♥

✿ C'est parfait ** Je n'ai rien à dire! Enfin si j'ai plein de chose à dire u-u Ta fiche est bien construite et suite à son histoire surtout on comprend tout, tout s’emboîte! Surtout sa haine envers les humains , c'est compréhensible suite à tout ce qu'on découvre! J'avoue que le dernier passage avec Léonie est triste T-T enfin triste mais d'un coté on peut comprendre sa colère et le coté pathétique de la chose >< Enfin bref je m'arrête là parce que sinooon j'aurais tout plein de choses à dire! Je te valide donc avec joie! ^^



Tu peux désormais aller :

✿ Recenser ton avatar ICI !
✿ Si tu es un humain, vas demander une habitation ICI
✿ Tu peux aller si tu veux faire ta fiche de lien ICI !
✿ Si tu es un double compte, vas recenser ton compte ICI
✿ Et si tout est en règle, tu peux aller poster une demande de maître/hybride ICI ! (attention, les hybride sauvages ne peuvent pas faire de demandes de maîtres!)

L'on te souhaite une bienvenue officielle et amuse toi bien parmi nous sur Dear Hybride ! ♥

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Sketch ou la névrose [Terminée]

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