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 La main dans le sac [PV Milo]

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MessageSujet: La main dans le sac [PV Milo]   Sam 3 Déc - 1:38

Nous avons découvert un squat d'hybrides dans une usine désaffectée. Il y en a de plus en plus en ce moment. Quelques libérations ont été organisées par des hybrides dispersés, ce qui est relativement futile, sachant qu'ils se font capturer dans les jours qui viennent. Quelle idée de se cacher en ville en grand nombre. Quelquefois, je me demande si ces sauvages ont un cerveau. Mais de toute manière, cela nous arrange, nous n'allons donc pas nous plaindre, surtout pas moi à vrai dire.

J'aime assez lorsque cela arrive, cela permet d'en attraper un grand nombre d'un seul coup. Mais ce n'est pas pour tout de suite. D'abord, il y a ma mission. Il faut s'assurer que le squat ne contient pas de rebelles, ni n'est lié à eux d'une quelconque manière, avant de le rafler. Il serait dommage de perdre l'occasion d'obtenir de précieuses informations sur le réseau du Watcher par simple impulsion. Après tout, les infiltrés peuvent, par la persuasion, en obtenir bien plus facilement que les interrogateurs par la force.

Malgré tout, je n'aime pas être en duo lors de mes missions d'infiltration pure. Car cela implique de m'assigner un hybride pour travailler avec moi. Pas que j'aie quoi que ce soit contre les hybrides dans leur ensemble, ils ne me mettent juste pas à l'aise. Ils ont beau se prétendre pro-humains, j'ai toujours l'impression qu'ils ont beaucoup d'idées derrière la tête. Même ceux de la brigade, aussi irrationnel que cela puisse paraître. Cela m'arrive souvent de finir par surveiller mon partenaire, avec plus d'attention que pour les personnes que je suis censé infiltrer. C'est très ennuyeux.

En parlant de partenaire, celui qu'on m'a assigné s'appelle Milo. Je ne lui ai pas beaucoup parlé. Je ne parle pas énormément aux hybrides en général. Sauf ceux que j'infiltre, ou ceux qui ne savent pas que je suis humain, qui me mettent plus à l'aise. Mais lui en particulier, il est très discret. Forcément, ce n'est pas moi qui vais faire le premier pas, contrairement à la façon dont je me comporte avec mes collègues humains. Peut-être qu'il y en a déjà plusieurs qui pensent que je suis sans doute raciste. En fait, à ce stade, ce n'est même plus « peut-être ».

Je suis vêtu très modestement pour l'occasion. Un jean trop large et délavé, dont certaines parties ont été rapiécées, un t-shirt blanc usé, des baskets et un gilet de sport. J'ai également omis de me laver la veille. J'ai horreur de faire cela, mais il faut ce qu'il faut. J'essaye de ne pas en faire trop, mais il ne faut pas oublier qu'un hybride sauvage n'a pas toujours accès à l'hygiène, au confort ou à des vêtements neufs. Il n'est pas rare de les trouver dans un accoutrement bien pire que le mien, mais si j'exagère trop, cela paraîtra suspect, je tente donc de trouver le juste milieu.

Récemment, je me suis fait poser de fausses écailles dans le dos. Répliquer aussi parfaitement celles d'un hybride de mon espèce a coûté une fortune, mais je suis bien plus rassuré d'avoir de « vrais » attributs, plutôt que de me contenter de lentilles et d'une teinture. En soi, j'aurais pu aborder la mission avec un esprit beaucoup plus serein que d'habitude, si mon partenaire n'avait pas été hybride. Je suis parfois injuste. J'ai conscience que ceux de la brigade doivent, pour la plupart, être loyaux, et que ce sont chacun des membres de grande valeur. Mais je ne peux m'en empêcher.

Je jette des regards discrets à Milo sur le chemin. Je n'ai pas très envie de faire la conversation. D'abord, c'est inutile, nous sommes là pour la mission et pour rien d'autre. Ensuite, je suis trop occupé à vérifier s'il ne fait rien de suspect. Si c'est complètement irrationnel ? Oui, et j'en suis tout à fait conscient. Mais lui non plus n'est pas bavard, je l'ai constaté au bureau aussi. J'aime assez ce silence, je préfère cela à un hybride mal à l'aise qui tenterait par tous les moyens de trouver un sujet pour papoter.

Nous arrivons devant l'usine. Elle est bien calme. J'escalade la barrière qui la sépare de la rue, puis invite Milo à faire de même. Pourquoi escalader alors que j'ai les clefs de la clôture ? Parce que les hybrides, s'ils sont à l'intérieur, doivent certainement regarder par les fenêtres, et qu'une arrivée pareille fera certainement meilleur effet. Je saute dans la cour et me dirige vers l'intérieur. Je suis plutôt serein. C'est loin d'être la première fois que je fais ce genre de choses, après tout, et au bout d'un moment, l'adrénaline disparaît.

Je pénètre dans l'usine. J'entends tous mes pas résonner, ce qui rendrait presque la scène effrayante. Alors, y a-t-il des hybrides assez stupides pour se cacher en nombre dans un endroit pareil ? Eh bien oui, visiblement, il y en a. Il y en a même un paquet, avec leurs matelas et leurs réserves un peu partout. Je marche entre leurs matelas d'un pas tout à fait confiant et m'arrête au hasard sur un hybride, dont je ne comprends pas l'espèce.

« Bonjour ! Moi et mon ami, on cherche un endroit où dormir. On pensait qu'il n'y avait personne ici, mais même si vous êtes là, vous auriez bien un peu de place pour deux personnes ? » J'essaye d'être le plus souriant possible. Il me fixe d'un air méfiant. Cela veut tout dire. Je ne dois pas sauter sur les conclusions, bien entendu, mais généralement, les rebelles ont tendance à être bien plus paranoïaques que les simples sauvages. Bien sur, cela ne veut rien dire, mais cela m'oriente déjà dans un sens.

« Tant que vous ne faites chier personne... » Je me demande ce qu'il veut dire par là. Quoi qu'il en soit, j'acquiesce avec politesse et adresse un mouvement de tête à Milo. « Il faut qu'on se trouve un coin. Même sans matelas, ce devrait être plus confortable que la rue. » Je ne pense pas qu'il soit stupide, il doit savoir que ce que je pense en ce moment, c'est plutôt « faisons rapidement la conversation à ces hybrides pour trouver des preuves et des failles, et voyons s'il y a des pièces à conviction aux alentours ». Mais pour le moment, il faut surtout que nous fassions naturel.

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MessageSujet: Re: La main dans le sac [PV Milo]   Dim 4 Déc - 2:09

La main dans le sac ✩
Jonathan & Milo
Milo n'avait pas eu beaucoup de temps de 'repos' - à savoir travailler sur de la paperasse au bureau de la brigade- avant qu'on ne lui réassigne une mission d'infiltration. La coupure qui s'était précédemment infectée sur son avant-bras commençait tout juste à reprendre un aspect plutôt sain, mais c'était toujours un endroit sur lequel il valait mieux ne pas appuyer. En même temps l'hybride n'avait pas de plaintes à émettre: premièrement c'était sa faute d'être passé trop près de ces barbelés ,et deuxièmement il préférait le terrain à la paperasse. Certes s'assurer que tout soit parfaitement en ordre était reposant en plus de 'nourrir' sa sorte de névrose pour le rangement, mais y avait des moyens pour qu'il se rende plus utile. Quelques jours à dormir assez longtemps et se nourrir correctement lui avaient suffi pour ce débarrasser de son vague air de zombie, un peu d'exercice ne lui ferait pas de mal. Chose surprenante, il était assigné à un humain cette fois-ci. Généralement s'il fallait l'envoyer sur le terrain avec quelqu'un c'était un autre hybride, aussi n'avait-il pu s'empêcher de hausser un sourcil d'un air confus quand on avait mentionné les modalités de la mission.

Mais les choses avaient rapidement semblé plus claires en apprenant qui il accompagnerait. Mr Crossman, à qui il n'avait sans doute adressé la parole que pour des politesses jusque-là, et qui était généralement affecté à des infiltrations lui aussi. Curieux comme choix pour un humain, mais il devait faire ça plutôt bien pour être resté en poste, aussi le poisson-lune préféra ne pas poser de questions à ce sujet. De toutes façons ce n'était pas à lui de s'inquiéter de cela. Si on avait choisi de les envoyer tous deux il y avait certainement une bonne raison. Quand bien même ne pas opérer seul avait tendance à le rendre nerveux, il s'agissait là d'une tâche plutôt classique, assez peu de critères pour que ça tourne mal. Un squat d'hybrides sauvages dans une usine désaffectée du côté des quartiers nord de la ville avait été découvert, et la brigade préférait s'assurer qu'il n'y aie pas de lien avec la rébellion avant de le rafler. Rien qui sorte beaucoup de l'ordinaire, aussi avait-il eu l'esprit assez tranquille en faisant ses préparatifs.

Passées les salutations d'usage, le trajet se déroula en silence, Crossman n'étant visiblement pas très enclin à engager la conversation. Pas que cela dérange le bleu à vrai dire, les personnes ne pouvant s'arrêter de parler ayant tendance à lui venir sur les nerfs assez rapidement. Non, ce qui le mettait un bon mal à l'aise, c'était les regards qu'il jetait de temps à autres dans sa direction, comme pour vérifier quelque-chose. Il s'appliquait à ne 'rien remarquer' mais au départ Milo se demanda sérieusement s'il n'avait pas fait une erreur trop évidente dans sa tenue. Jean usé et sweat-shirt à capuche gris avec quelques tâches à la manche gauche lui semblaient pourtant être franchement crédibles pour un hybride sauvage. Il avait même remis ce haut qu'il avait déchiré sur des barbelés lors de la mission précédente en dessous du sweat-shirt. La coupure avait été rafistolée à la va-vite avec du fil et une aiguille qu'il avait mis dans son sac ce jour-là, mais on voyait toujours très bien où elle se situait. Ayant conclu au bout de 5 minutes que ça n'avait rien à voir avec sa tenue, l'hybride s'était contenté de cacher ses mains dans sa poche kangourou et mémoriser le chemin qu'ils empruntaient pour se rende à l'usine pour ne pas avoir à vérifier sur une carte la fois suivante.

A leur arrivée sur les lieux il n'y avait personne en vue, chose assez peu surprenante en soi. Après tout l'endroit était 'désaffecté'. Escaladant la barrière à la suite de l'humain, Milo dut se faire une note mentale de ne pas l'appeler Crossman ou le vouvoyer une fois qu'ils seraient dans l'usine, ce ne serait clairement pas judicieux. S'ils avaient essayé d'être discrets ça aurait été raté, au vu de l'écho produit par leurs pas entre les murs nus de l'usine. Cela dit les hybrides présents n'étaient pas très bien cachés non plus. Il suffisait de mettre les pieds à l'intérieur du bâtiment pour remarquer leur présence, et ils étaient plutôt nombreux. Le bleu promena son regard aux alentours, notant que l'éclairage était moins approximatif qu'il ne l'aurait pensé, grâce aux grandes fenêtres pour la plupart cassées situées juste en dessous du toit. La majorité du sol était occupé par des matelas ou couvertures, mais se faire un chemin parmi ceux-cis n'était pas trop difficile, témoignant d'une certaine organisation. Si le toit comportait quelques trous, il semblait encore tenir la route et l'hybride ne put s'empêcher de sourire un peu en constatant que par endroits des mousses et plantes avaient repris leurs droits sur le béton.

Crossman s'arrêta demander à un hybride lambda s'il y avait de la place pour deux personnes, question assez légitime quand on voyait le monde qu'abritait l'endroit. Passé un regard méfiant il répondit d'un air indifférent qu'ils n'avaient qu'à emmerder personne et Milo prit ça comme un feu vert pour discrètement fouiller les lieux à la recherche de matériel pouvant lier ce groupe aux rebelles. Et peut-être entamer 'innocemment' la conversation avec des personnes au hasard histoire de trouver un éventuel fil à remonter. Pour l'instant si le poisson-lune s'était senti suivi du regard, c'était surtout en entrant dans le bâtiment, sans doute leur arrivée en avait-elle fait sursauter plus d'un. Peut-être devrait-il voir si quelqu'un le fixait de façon particulièrement insistante pendant qu'il 'cherchait un coin pour dormir ' avec assez de place pour deux personnes. Ca ne devrait pas être trop difficile.

" Oh, donc on peut rester, répondit-il à l'humain avec un sourire soulagé, c'est rassurant, d'avoir un toit. Je vais d'abord voir si quelqu'un a un truc se rapprochant de désinfectant pour ma coupure, comme ça ce sera fait. "

Indiqua-t il en désignant son avant-bras. Le sweat-shirt dissimulait son bandage volontairement en fin de vie qui en définitive serait une bonne excuse pour voir s'ils étaient équipé niveau médical. Un approvisionnement plutôt correct n'était clairement pas attendu et il y avait à supposer que ce squat recevait une aide extérieure si c'était le cas. Parce que voler des pharmacies régulièrement n'était certainement pas au top de leurs priorités quand il fallait se nourrir et éviter d'attirer l'attention des patrouilles de police. Se dirigeant le moins maladroitement possible entre les matelas et biens entreposés dans un ordre déjà un peu plus relatif que dans l'entrée, l'hybride tourna un peu pour voir s'il y avait une personne qui semblait en quelques sortes gérer les blessés, mais à première vue rien dans ce genre. S'arrêtant finalement à la hauteur d'un hybride dont l'une des cornes de cerf semblait un peu endommagé, il afficha un air un brin hésitant.

" Bonjour, commença-t-il, tu saurais où je peux trouver du désinfectant ou au moins de l'eau pour nettoyer une plaie ? Je me suis fait mal et mon bandage est.. au bout de sa vie on va dire, ça m'emmerderait que ça s'infecte sérieusement. "

Demanda Milo en remontant sa manche sous le regard curieux de son interlocuteur. Il s'agenouilla pour être à la même hauteur quand il lui fit signe d'approcher un peu plus, et l'autre souleva un peu le bandage qui n'opposa que peu de résistance pour essayer d'évaluer la situation. La cicatrisation était engagée mais il restait des parties à vif et des traces de boursouflure. Après avoir visiblement réfléchi à quoi dire il lui indiqua de chercher "Chloé", une hybride requin qui était en quelques sortes en charge de réparer ceux qui s'amochaient. Le bleu le remercia avec un large sourire, tout en notant qu'en définitive ce squat n'était sans doute pas ordinaire. Certes il arrivait qu'ils soient organisas mais d'après l'hybride Chloé avait certainement 'le nécessaire' pour s'assurer qu'il guérisse correctement. Autant dire qu'il ne voyait pas ça très souvent. La trouvant au bout d'un peu moins de 5 minutes, le bleu la laissa examiner à son tour la blessure, désinfecter et faire un pansement bien plus soigneux que ce qu'il avait au départ. Elle faisait ça plutôt bien, sans doute l'habitude.

" Merci beaucoup, ça avait pas une tête très rassurante. , fit-il avec un léger rire, J'aurai dû le changer plus tôt mais je trouvais rien. Tu dois être magicienne, pour avoir pu te procurer tout ça ~ "

Ajouta-t-il sur le ton de la plaisanterie, essayant d'obtenir une explication sans pour autant paraitre trop curieux. L'hybride eut un rire un peu gêné avant de lui dire qu'elle connaissait simplement les bonnes personnes. Oh, ok. Peut-être que 'les bonnes personnes' passeraient dans les jours à venir, ça lui donnerait l'occasion d'en savoir un peu plus. Saluant l'infirmière improvisée, Milo se remit debout et chercha du regard les cheveux verts de Crossman. A un moment ou un autre ils devraient cesser de faire semblant de chercher et se poser effectivement. Ca lui donnerait l'occasion de lui dire ce qu'il avait appris pouvant plus ou moins servir d'indice. Finissant par le repérer d'un autre côté de l'usine vide, il prit sa direction tout en évitant le plus possible de déranger matelas et provision encombrant le sol.
electric bird.

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Milo fakes it in cornflowerblue
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MessageSujet: Re: La main dans le sac [PV Milo]   Lun 5 Déc - 15:13

Quand Milo montre sa plaie, je ne change pas d'expression. Je me contente d'acquiescer comme si je n'étais pas surpris. Même si je le suis.  Je n'ai pas remarqué qu'il était blessé. Je pense avoir développé un bon sens de l'observation en vingt ans d'infiltration. Et pourtant, dès qu'il s'agit des hybrides de la brigade, je ne me rends pas compte des choses les plus évidentes. A ce stade, cela devient un handicap, je ferais bien de me reprendre en main un jour. Ce sont des alliés, pas des cibles. Il faut que je m'en souvienne, même si j'ai du mal à l'assimiler.

Il profite de cela pour aller chercher de l'aide médicale. Bien joué, me dis-je intérieurement. Grâce à lui, nous allons pouvoir déterminer s'ils sont approvisionnés en matériel ou non. Généralement, les hybrides ne trouvent pas de quoi se soigner n'importe où, surtout pas des hybrides fraîchement libérés qui habitent une usine. Mon sourire s'agrandit un peu. J'ai droit à un partenaire efficace, pour cette fois. Espérons juste qu'il ne me trahisse pas, au cas où il se retrouverait en difficulté.

Pour le moment, je me contente de rester naturel et de ne pas éveiller les soupçons. Je me trouve un petit coin, qui n'est occupé par personne, un peu à l'écart du reste. Je demande si cette place est libre, on me répond que oui. C'est donc ici que Milo et moi dormirons. Après tout, pour trouver le plus d'informations possible, il nous faudra bien rester un moment. Je retire mon gilet et le place sur le sol. Nous aurons au moins un endroit où faire le point plus tard, quand bien même il faudra faire très attention.

Après avoir posé mon gilet, je regarde un peu autour de moi. Quand j'y pense, j'en viens à me demander où ils ont trouvé tous ces matelas en bon état. On ne s'en procure pas ainsi, sans aide ni raison, surtout pas lorsqu'on est sauvage. Même les êtres humains ne peuvent généralement en obtenir qu'en les achetant. Dans le doute, j'aime autant demander. C'est bien trop suspect à mon goût et cela pourrait nous amener sur une piste. Je me dirige au hasard vers l'hybride le plus proche de moi, les mains dans les poches.

« Salut ! Excuse-moi de te déranger. Moi c'est Fight. Je veux juste savoir, est-ce que ces matelas étaient déjà dans l'usine ? » Lui demandes-je. « Mon ami et moi, ça fait longtemps que nous n'avons pas pu dormir sur un matelas. S'il y en avait quelques uns en trop, ce serait super. »

A cela, l'hybride me répond qu'ils ne se trouvaient pas dans l'usine, mais qu'ils les ont ramenés depuis une décharge publique. Cela me fait tiquer intérieurement, mais je n'en montre rien. Ils ont pourtant l'air en très bon état, et c'est à se demander pourquoi qui que ce soit voudrait les jeter. Surtout en grand nombre. Si tel était le cas, ils seraient éventrés, coupés partiellement, ou auraient subi une quelconque forme de dégradation. Cela n'a pas l'air d'être le cas, mais cela serait bien trop suspect de commencer à inspecter les matelas des autres pour vérifier s'ils sont abîmés.

On me précise également qu'il y en a en réserve, et on m'indique une petite porte au fond de l'usine. J'acquiesce. Voilà mon occasion de vérifier si ces matelas pourraient bien provenir d'une décharge ou non. Je parviens sans trop de mal à marcher entre les hybrides bien installés pour atteindre la salle de « réserve », comme ils disent. Plusieurs hypothèses se forment dans ma tête en ce moment. Et si un magasin de meuble avait eu une lubie, et décidé de se débarrasser d'un coup d'un grand nombre de matelas ? Peut-être qu'ils ne se sont pas bien vendus. Bien entendu, les chances sont quasi nulles. C'est une perte financière trop importante. Mais ils faut que je pense à toutes les possibilités si je veux faire mon travail correctement.

J'ouvre la porte pour entrer dans la réserve. Plusieurs matelas sont empilés là, ainsi que, plus suspect encore, de grandes piles de conserves diverses. On dirait que leur réserve ne se contente pas de matelas et de matériel médical. Or on ne peut s'approvisionner ainsi en nourriture pour autant de personnes, lorsque l'on ne fait que voler à l'étalage, jouer les pickpockets et piquer dans les magasins. Cette salle est bien trop suspecte pour être honnête. J'aimerais l'inspecter plus avant, mais je paraîtrai trop étrange si je reste longtemps dans la pièce. Je me contente donc de prendre un matelas avec moi.

Je tente tant bien que mal de ne pas toucher d'hybrides avec, pensant que je slalome difficilement entre eux. Ils sont plutôt organisés, mais vu leur nombre, il reste difficile de circuler librement en transportant quelque chose de gros et lourd. Je laisse mes yeux se balader un peu dans la pièce. C'est Milo que je cherche du regard, mais je ne le trouve pas. Ce n'est pas bien grave, il doit être en train de faire son travail. Malgré moi, je ne peux m'empêcher d'être un peu nerveux à cet pensée. C'est absolument ridicule.

Je pose le matelas un peu à l'écart des hybrides. Il ne faut pas que le son arrive à passer entre nous et eux. Il vaut mieux que je cesse de poser des questions à leur sujet, mais cela n'exclut pas de me renseigner sur les réserves de conserves que j'ai vu. Après tout, nous sommes des hybrides sauvages, il est possible que nous n'ayons pas mangé depuis plusieurs jours. Il n'est pas étonnant de notre part de demander si de la nourriture gratuite est disponible. Je doute qu'ils en procurent à des arrivistes tel que nous, mais cela vaut le coup d'essayer. Je retourne vers mon gus de tout à l'heure.

« Pardon de t'ennuyer avec ces histoires. Vous avez beaucoup de nourriture, or moi et mon pote n'avons pas mangé depuis quelques jours. Est-ce que vous pourriez nous approvisionner ? On aurait des choses à donner en échange, tiens, j'ai du tabac par exemple... ou on pourrait travailler... »

Il me coupe dans mon élan en affirmant qu'il faut que je demande à une personne en particulier. Un hybride fourmi, apparemment. Le seul insecte de l'usine. Je me retiens un peu de rire à l'évocation de son hybridation. C'est que ce n'est pas vraiment commun. Il ne sera probablement pas bien difficile à repérer, celui-là. Apparemment, il se tiendrait près de leur réserve afin de surveiller. Je remercie chaleureusement mon informateur pour aller directement vers l'endroit que j'ai quitté il y a quelques secondes.

J'aperçois vite l'hybride en question. Malgré l'insecte ridicule avec lequel il partage les gênes, sa carrure est plutôt imposante. J'en conclus que personne n'ose trop plaisanter à ce sujet. Pourtant, il y aurait de la matière avec la cigale et la fourmi. Il est probable qu'il fasse comme elle. Qu'il dise aux hybrides qui n'ont pas travaillé qu'ils feraient bien de chanter à présent. Ce serait amusant. Mais il n'est pas temps de se laisser distraire par de telles âneries.

« Bonjour ! Je me présente, Fight. On m'a dit que vous pouviez procurer de la nourriture pour moi et mon ami. Nous venons d'arriver.

- Et vous venez d'où ? » Pas un bonjour, il doit avoir le sens de l'humour que sa tête laisse présumer.

- De partout et de nulle part. On vit à la rue et on cherche un endroit à squatter. Il n'y a pas longtemps, on était dans la forêt près du grand rocher. » Véridique, il y a eu un nid à cet endroit. Rapidement raflé cela dit. « Cela n'a pas duré très longtemps, ah ah. Mais cela fait quelques jours que nous n'avons pas mangé. J'espère pouvoir me payer une ou deux conserves d'une manière ou d'une autre. » Il a l'air songeur un moment, puis acquiesce.

- Vous étiez au rocher... dur. Ben écoute, je veux bien te donner quelques conserves, mais aide-moi à remettre un peu d'ordre dans la réserve d'abord, c'est le bordel. »

Formidable, j'ai même augmenté mon capital sympathie. J'acquiesce avec mon sourire habituel. J'entre dans la réserve pour ranger un peu. J'en profite pour voir si je ne trouve pas quoi que ce soit de suspect. En empilant les conserves, je trouve quelques papiers écrits à la main dessous. Je n'ose pas trop prendre les feuilles pour voir ce qui est écrit. Après tout, l'homme fourmi est à côté de moi. Une fois que tout est remis en ordre, il s'essuie le front et me glisse un « merci » enthousiaste. Je repars avec deux couvertures et quelques conserves. De quoi tenir un moment.

Je retourne installer le petit coin en attendant Milo. Je pense avoir eu un beau coup de chance. J'ai tout ce qu'il nous faut. J'aperçois soudain la tête bleue qui se fraie un chemin dans les matelas, et de lui faire un signe. Je m'en vais le trouver et je prétexte avoir du tabac "volé" pour prendre l'air un moment. Après tout, nous n'aurons qu'à rester devant la fenêtre, et je n'aurai qu'à fumer une cigarette afin que personne ne nous soupçonne trop. Il n'est pas possible de parler dans l'usine, l'acoustique n'est pas favorable.

Une fois dehors, j'allume ma cigarette, me place devant la fenêtre et tire une petite taffe avant de commencer. Je tends mon paquet à l'hybride. Je ne sais pas s'il fume, il n'aura qu'à se mettre devant le mur si ce n'est pas le cas. « Vous avez trouvé quelque chose, Milo ? Moi d'abord, je vous prie. Ils prétendent que les matelas viennent d'une décharge. Mais ils en ont beaucoup trop en réserve, et ils sont en trop bon état pour que ce mensonge soit crédible. Ils ont également des conserves en grand nombre. Je n'ai pas posé la question de leur origine. Dans ladite réserve, j'ai également trouvé des papiers, que je n'ai pas pu lire car un hybride m'accompagnait. Il a l'air de gérer l'approvisionnement, s'il s'agit bel et bien d'un approvisionnement, bien entendu, mais c'est une hypothèse plausible. Mes déductions m'orientent vers un réseau à remonter. Et vous, qu'en pensez-vous ? » Je suis beaucoup plus loquace dès qu'il s'agit de mener à bien une mission.

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MessageSujet: Re: La main dans le sac [PV Milo]   Jeu 15 Déc - 23:47

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Crossman semblait avoir trouvé un matelas, si le bleu ne se plantait pas. Mais avec les deux couvertures et la veste que portait précédemment l'humain posés dessus, difficile de se planter. Eh bien, il avait fait vite. Dire que l'hybride n'avait eu le temps que de gérer sa blessure, pour un peu il se sentirait inefficace. Enfin, ce n'est pas comme s'il n'avait rien appris non plus, et puis avoir un partenaire progressant aussi vite ne pouvait être qu'une bonne nouvelle. Ca ferait une préoccupation en moins. Il se rappelait de trop de fois où il avait dû partager une couverture avec un(e) parfait(e) inconnu(e), n'ayant pas pu mettre la main sur quoi que ce soit avant la tombée de la nuit. Parfois il avait déjà de quoi ne pas avoir trop froid la nuit dans son sac, mais en général le poisson-lune évitait de sembler trop équipé. Ou de garder les mêmes affaires que dans ses infiltrations précédentes, des fois que pour une raison ou pour une autre ça pousse quelqu'un à se rappeler de lui. Le plus souvent on l'oubliait sans peine, malgré ses cheveux pour le moins inhabituels, mais autant ne pas prendre trop de risques. Ce serait idiot de se griller sur un détail, et il avait toujours très mal vécu de ne pas pouvoir terminer son travail à cause d'une erreur.

L'humain lui proposa d'aller fumer à l'extérieur du bâtiment, ce à quoi il hocha la tête en lui emboîtant le pas. Pratique pour éviter que leur conversation tombe dans des oreilles indiscrètes, le matelas qu'ils allaient visiblement occuper étant trop près d'autres hybrides pour parler librement. Bon, ils pourraient toujours faire semblant d'avoir une conversation normale mais Milo n'était clairement pas contre le fait de choisir la solution la plus simple. A présent debout à côté de l'une des larges fenêtres de l'usine, il accepta l'une des cigarettes proposées par l'humain, bien qu'il n'aime pas particulièrement le goût que ça lui laissait généralement dans la bouche. Disons que fumer était trop utile en infiltration -que ce soit pour engager une conversation ou simplement sortir envoyer d'éventuelles infos à la brigade par téléphone- pour qu'il ne s'y soit pas mis, mais ça restait occasionnel. Enfin pour le moment ça lui occuperait les mains, entre autres. Il emprunta le briquet de son interlocuteur tandis que celui-ci commençait à rendre compte de ce qu'il avait pu apprendre.

Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'avait définitivement pas chômé. Le poisson-lune s'autorisa un rire amusé à la mention des matelas. Quoi, tous ceux qu'il avaient vus dans l'usine viendraient d'une décharge ? C'était tout de même un peu gros effectivement. Certes, pour des hybrides sauvages une explication très crédible n'était pas nécessaire, dans la mesure où ce qui les intéressait était que les matelas soient là et pas leur provenance, mais tout de même. Il y avait de quoi se poser des questions. Lorsqu'il continua sur les conserves, l'hybride se dit qu'ils allaient sans doute rester là un certain temps, parce que ce squat n'était clairement pas ordinaire. Ils étaient trop 'bien lotis' pour qu'une recherche plus poussée ne soit pas nécessaire. Ca leur faisait une éventuelle piste pour remonter jusqu'aux rebelles, plutôt une bonne nouvelle pour la brigade en soi. Crossman pensait qu'ils s'agissait d'un réseau et son interlocuteur hocha la tête en soufflant de la fumée, ne voyant pas comment expliquer tout ce qu'ils avaient pu se procurer. Peut-être qu'ils avaient eu beaucoup de chance, mais il peinait à y croire même en y mettant de la bonne volonté, en toute honnêteté.

" Ca semble logique comme explication, en effet, répondit-il en tirant de nouveau sur la cigarette, ce que j'ai pu voir va dans ce sens aussi. "

Dit le bleu en désignant son bandage maintenant bien propre grâce aux bons soins de Chloé. Elle savait ce qu'elle faisait, aucun doute là-dessus. Peut-être qu'elle avait eu une formation d'infirmière ou d'aide-soignant avant de s'échapper, mais ça n'expliquait pas qu'elle aie un matériel aussi adéquat sous la main. Ses compresses stériles et cotons n'avaient pas semblé particulièrement anciens, et surtout maintenus dans un état très correct. Ils n'avaient sans doute pas été trouvés dans une décharge, on ne jette pas de matériel médical n'importe-où et généralement c'est après l'avoir utilisé. A moins qu'à cause d'un dommage quelconque l'emballage ne soit plus considéré comme stérile, mais une fois de plus ce qu'utilisait Chloé semblait tout à fait réglo. Et puis elle l'avait re-désinfecté avec de l'alcool à 90, pas de l'alcool fort tout court comme il l'avait souvent vu.

" Je ne sais pas d'où ça vient, le matériel était en bon état. L'hybride qui s'est occupée de moi semble être une sorte d'infirmière désignée pour ce squat. Elle dit qu'elle connait juste les bonnes personnes, fit-il avec un haussement d'épaules, Attendons de voir si elles passent par ici ponctuellement ou si cette hybride va à leur rencontre, dans les deux cas les suivre nous apportera sans doute des infos. Je m'assurerai de surveiller si elle quitte le site, ou peut-être de proposer de l'accompagner en guise de reconnaissance pour avoir arrangé mon bras. "

Termina le poisson-lune en repensant au ton évasif employé par son interlocutrice quand elle lui avait répondu. Si ça se trouve elle les avait simplement obtenus d'un un hôpital qui avait eu des stocks 'hors de date de stérilité' en se faisant passer pour une humaine, après tout elle n'avait pas de signes d'hybridation apparents, mais ça valait la peine de creuser dans ce sens. Et puis les papiers mentionnés par Crossman étaient également plutôt étranges: ce n'était pas très souvent qu'on croisait des hybrides sauvages ayant appris à écrire. Enfin pas ceux qui étaient nés sauvages en tout cas. Après, certains élevages -comme celui d'où il venait- apprenait ce genre de choses aux hybrides en plus de certaines bases de culture générale.

" Pour les papiers, peut-être qu'en proposant de l'aide à celui qui gérait les conserves vous finirez par vous retrouver seul dans ladite réserve et pourrez les lire , suggéra Milo, Enfin à supposer qu'il accepte. "

Sa cigarette était sur la fin et il s'étira en retenant un bâillement. Le soleil n'allait pas trop tarder à approcher l'horizon, principalement parce qu'en cette saison les journées étaient courtes, et il restait assez sidéré à l'idée d'avoir un matelas pour la nuit. Lui qui s'était mentalement préparé au sol, c'était inespéré. Pas qu'il aie à s'en plaindre cela dit. Il jeta un coup d'oeil rapide à l'intérieur de l'usine, mais si on avait jeté quelques coups d'oeil dans leur direction depuis le début de la conversation, personne n'avait semblé s'intéresser de près à ce qu'ils disaient. Tant mieux parce que pour le coup ils seraient grillés.

" Du coup il serait préférable de prévenir la brigade maintenant, pour qu'ils ne s'occupent pas de l'endroit avant que l'on aie pu en savoir plus , commença-t-il, Du moins si ça vous va, je ne voudrais pas m'avancer. "

Ajouta le poisson-lune avec un sourire poli, avant d'écraser son mégot à terre. Il avait un téléphone dans son sac, bien au fond pour éviter qu'on le voie. Certes il pouvait bien l'avoir volé, mais difficile d'expliquer au fil du temps qu'il n'aie toujours pas trouvé moyen de le revendre pour se faire un peu d'argent.  
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MessageSujet: Re: La main dans le sac [PV Milo]   Dim 18 Déc - 6:29

Milo acquiesce face à mes déductions et ajoute les siennes. Il me montre son bandage, propre, bien fait. La première question s'impose d'elle-même. Où  l'hybride qui l'a soigné a-t-elle trouvé son matériel médical ? Ce n'est pas à la portée de tout sauvage, bien que le camp que j'ai pu fréquenter ait eu quelques guérisseurs. Selon lui, sa soigneuse a assuré qu'elle connaît les « bonnes personnes ». Cela veut déjà tout dire. Il ne faut pas faire de conclusions hâtives, lesdites personnes pourraient bien être n'importe qui, mais cela parle tout de même pour soi-même.

La seconde question qui s'impose à mon esprit est la suivante : cette hybride a-t-elle suivi une formation en la matière ? Cela arrive de temps en temps de trouver des guérisseurs hybrides dans les camps, mais ils font rarement un travail aussi précis avec du matériel humain. Passons, peu importe où elle s'est formée, au final. L'important est avant tout les personnes dont elle parle. J'acquiesce aux dires de Milo, qui suggère de s'installer pour voir si ces gens-là passent dans le coin. Nous allons passer un moment ici, il faut croire.

Il me suggère de retourner proposer mon aide à celui qui gère les conserves dans la réserve, afin de trouver les papiers. Certes, il va de nouveau falloir y jeter un œil. Mais pas ce soir. C'est trop tôt et cela paraîtra bien suspect. J'attendrai que ces « bonnes personnes » viennent apporter leur approvisionnement, et je proposerai alors de les aider à ranger. Nous pourrons engager la discussion au passage et je verrai bien ce qu'il y a sur ces papiers. Ils pourraient bien être cruciaux afin de comprendre ce qu'il se passe dans ce squat.

«  Vous avez raison, mais pas ce soir. J'attendrai les « bonnes personnes » pour cela », dis-je en tirant une longue taffe. Milo me propose ensuite d'appeler la brigade. Il est vrai qu'il vaut mieux rester quelques soirs. D'abord pour ne pas faire sauter la couverture devant un nombre un peu trop important d'hybrides, ensuite parce que mon partenaire et moi pourrions bien être tombé sur un bon filon. Et pour cela, il vaut mieux retarder l'échéance de la rafle. Je l'ai dit, mais on obtient bien plus de choses par la confiance que par la force.

« Bien sûr que cela me va, vous avez entièrement raison. Vous avez un téléphone sur vous ? Ce sera suspect si on vous voit avec. Vous devriez juste laisser un message rapide. La brigade comprendra. Surtout, faites attention à ce que personne n'ouvre votre sac, il est possible qu'on veuille vous voler. Si j'étais vous, je dormirais bien serré contre lui cette nuit... mais je ne vous apprend rien bien entendu. Vous comprendrez que je m'inquiète... c'est une mission simple, mais nous risquons notre vie. »

J'espère qu'il ne va pas penser que je fais ces précisions parce qu'il est hybride. En mission, j'ai tendance à m'étaler un peu trop pour éviter toute erreur, que ce soit avec les humains ou non. J'en ai déjà eu plusieurs qui se sont vexés. Et avec les congénères de Milo, j'ai tendance à prendre le double de précautions. J'ai toujours peur d'une trahison quelconque. Malgré tout, je ne voudrais pas qu'il pense que je le prend de haut, je veux juste faire en sorte que tout se passe au mieux. On ne croirait pas, mais j'ai conscience que la plupart des hybrides brigadiers sont des membres importants et de valeur. C'est juste qu'en pratique, c'est bien moins évident.

J'écrase mon mégot contre le mur et le laisse tomber au sol. Pas comme s'il y avait un cendrier dans lequel je pourrais le mettre, de toute manière, et ce n'est pas le moment de penser à l'environnement. Je laisse Milo envoyer son message pendant que je retrouve notre place. Un moment, je fixe d'un œil circonspect les deux conserves. Elles doivent être réchauffées avant d'être mangées. Comment le font-ils ? Est-ce qu'ils les gardent crues, finalement ? Il va falloir que je pose la question à quelqu'un. Évitons juste de prendre toujours les mêmes types.

Je me balade un peu dans l'usine, pour finir par tomber sur une sorte de cuisine. Au moins, ils n'ont visiblement ni l'électricité ni l'eau courante, ce qui serait bien trop suspect. Ils semblent faire cuire leur nourriture dans un grand récipient, qu'ils chauffent à l'aide d'un simple feu de bois. La fenêtre à côté est ouverte, probablement pour éviter d'enfumer le bâtiment. On dirait que je suis à la bonne adresse. « Dites-moi », commences-je d'un ton joyeux en brandissant mes conserves, « je suis tout juste arrivé et j'aimerais savoir comment vous les réchauffez. Si vous le faites bien sûr. » Une jeune fille me lance un grand sourire.

« Garde-les pour plus tard. Ce soir, on a cuisiné de la soupe pour tout le monde.

- Vraiment ? Il y en a assez ? » C'est étonnant qu'ils puissent se procurer assez de nourriture pour remplir le ventre du squat entier, ainsi qu'un récipient capable de supporter le poids. Mais après tout, je ne devrais pas m'étonner de chaque détail, les sauvages sont souvent des maîtres de la survie. Ce n'est pas forcément étonnant qu'ils puissent faire cela. Contrairement à tout le reste, comme les matelas, l'approvisionnement en matériel médical et nourriture. Je ne devrais pas trop m'attarder sur cette marmite.

« Bien entendu », reprend-elle, joyeuse. « Il y en aura assez pour tout le monde. Pour toi et ton ami aussi. Qu'est-ce que c'est, deux bouches de plus ou de moins ? » Elle sait déjà que Milo et moi sommes nouveaux ? Étrange, peut-être était-elle là lorsque nous l'avons dit, ou alors c'est que les nouvelles vont très vite dans cette usine.

Je serais curieux de savoir ce qu'il y a dans cette soupe. Il ne peut s'agir de produits frais. Ce sont probablement de conserves qu'ils ont renversées toutes ensemble pour en faire un seul repas. Mais pourquoi faire cela ? Quel est l'intérêt ? Pourquoi ne pas tout simplement donner une conserve à chacun, et faire la queue un par un pour réchauffer son plat ? Tout cela me semble un peu trop suspect. Sous prétexte de humer l'odeur, je me penche un peu vers la marmite. On dirait un velouté tout à fait réussi. Ils ne peuvent avoir fait cela avec de la nourriture en boîte, c'est impossible. Je penche encore un peu la tête pour mieux discerner le contenu de la soupe...

« Plouf. »

Je me pétrifie. « Plouf ? » Non, ce ne peut être ce à quoi je pense. Je tente de garder un air neutre malgré ma panique intérieure. Je porte doucement ma main à mon œil gauche. Je pose le doigt contre mon iris. Un frisson parcourt ma colonne vertébrale. Bon sang. Si. C'est exactement ce que je crains. J'ai réussi à faire tomber ma lentille de couleur dans la soupe. Comme le pire des bleus ou des imbéciles. Respirer. Rester calme. C'est exactement le moment de mettre ton masque habituel, Fight. Ne panique pas. Ne panique surtout pas.

Par tous les saints. En vingt ans de carrière dans l'infiltration, je crois bien que c'est la plus grosse bourde que j'ai jamais faite. C'est du jamais vu. Et je ne devrais pas en rire. Je n'en ris pas. C'est une foutue catastrophe ! Heureusement, j'ai les yeux naturellement plissés, et peut-être que si je les ferme suffisamment, on ne remarquera pas la différence de couleur jusqu'à-ce que j'atteigne Milo. Mais comment va-t-on faire lorsqu'ils serviront la soupe ? Ils celui qui trouvera ma lentille dans son bol cherchera forcément à qui elle appartient. Et là... je ne veux pas y penser.

Je retire ma lentille droite afin que mon regard n'attire pas trop l’œil. Après tout, il me reste mes cheveux verts et mes écailles dans le dos. Le seul souci, c'est si les gens à qui j'ai déjà parlé reviennent m'aborder. Ça, plus si on trouve la lentille dans la soupe, je suis terriblement mal. Les yeux plissés, tout en évitant le regard des gens, je retourne trouver Milo comme si de rien n'était. Malgré ma panique intérieure. On se calme, tout ira bien. On va trouver une solution.

« Milo », commences-je assez bas quand j'arrive près de lui, heureusement à l'écart des autres hybrides. Malgré un air souriant et détendu, je suis actuellement en train de me ronger intérieurement les sangs. Mais il faut bien faire semblant d'avoir une conversation normale. « J'ai un souci. Un gros souci. Par pitié, ne vous moquez pas de moi. Il y a une cuisine par là. Et j'ai comme qui dirait... fait tomber une lentille dans la soupe. Je ne sais absolument pas quoi faire pour me sortir de là. Ne riez pas, ce n'est pas drôle. » Paradoxalement, j'essaye de détendre l'atmosphère avec ce « ce n'est pas drôle ». Je ne pense pas que cela fonctionne.

Comment vais-je faire ? Me voilà forcé de me reposer sur un hybride, à cause de l'erreur la plus stupide et ridicule de toute ma carrière. Je ne peux pas prendre le risque de me balader avec les yeux noir charbon, alors que nombre d'entre eux ont déjà aperçu mes pupilles dorées. Il faut absolument trouver une solution, et si possible, une solution qui n'attire pas la suspicion de la moitié de l'usine. J'en ai des sueurs froides. Et soudain, je suis beaucoup plus crispé. Je demande de l'aide à Milo, c'est un hybride aussi... s'il en profite pour me trahir ? Je balaie ces pensées d'un seul coup. Elles sont ridicules et complètement irrationnelles.

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La main dans le sac [PV Milo]

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