Partagez | 
 

 Happy Hour [Tyr]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Masculin Messages : 137
Date d'inscription : 09/12/2016

Petit plus
Hybride(s): None
Maître: None

MessageSujet: Happy Hour [Tyr]   Dim 11 Déc - 15:39


Happy Hour
   
   


Alors, alors… Si je compte bien, ça fait six ans que je suis entré dans cette boîte par la porte de service et, pfff… trois ans que je suis passé d’homme de ménage/stagiaire à rédacteur officiel. Ça fait donc six ans que je travaille à alimenter Backdoor, site porno tout à fait respectable proposant du texte comme de l’image, du pro comme du fait maison, et à boire et à manger pour tout le monde. Mon principal ressenti après toutes ces années à corriger les textes, écrire les résumés des vidéos et faire la mise en page, c’est que l’imagination humaine n’a pas de limites, et ses goûts non plus. En théorie, je devrais être complètement vacciné par tout ce que je vois. C’est le cas. Peu importe le nombre, la pratique ou les accessoires, rien ne me fait plus ni chaud ni froid, et heureusement parce que je pense qu’autrement j’aurais sans doute perdu mon boulot. C’est simplement que certains jours, je suis plus blasé que d’autres. Et aujourd’hui, c’est le cas aussi.

Avec un gros soupir, je lève les yeux au ciel, navré par ce qui se déroule sur mon écran. Je sais quasiment déjà plus de quoi ça parle, un truc gay avec deux frères, du bondage et une pomme de douche. Peu importe, j’ai déjà vu ça cent fois, ça me soûle… D’un coup de pied sur le parquet, je fais pivoter ma chaise pour jeter un œil dans le reste du bureau. Sur un îlot de table pas loin, trois autres mecs et une fille devant des ordis font exactement la même chose que moi, avec le même regard vide que moi. D’habitude ça me dérange pas, et même là en fait je m’en fous un peu. Mais bordel, j’ai ma dose pour ce jour. Morose, je jette un œil sur la pendule sur le mur du fond, près de la porte de sortie. En théorie, j’ai encore une heure à tirer mais après avoir glissé un second regard en scred au bureau du rédac’chef par la porte vitrée, je décide qu’ils se passeront tous de moi. Poussant un deuxième soupir, je sors mon disque dur externe de mon sac et transfère rapidement dessus les fichiers qu’il me reste à traiter. Je range le tout dans mon sac-lapin, me lève et me dirige vers la sortie en enfilant ma veste.

« J’en ai marre de voir vos tronches. J’me tire, je finirai chez moi. »
« Ça marche. Avant minuit, steupl’. »
« Okay. Salut, les cons. »


Deux ou trois grognements en réponse. Z’ont l’habitude. Mine de rien, on arrive au moment de la journée où tout le monde en a ras-le-bol. Tiffany, notre chef d’équipe. Elle a l’habitude de nous lâcher la bride, elle sait qu’on bosse mieux comme ça. Une fois dehors, j’aspire un grand bol d’air frais, jette par curiosité un coup d’œil au ciel (tout blanc, dommage) puis me mets en route non pas pour chez moi, mais pour le quartier nord. Je bouclerai mon taf cette nuit, ça me pose pas de problème, mais là j’ai juste besoin d’une bière et je sais de source sûre qu’il n’y en a plus dans mon frigo. J’ai fini la dernière ce matin, en sortant de la douche… C’est ainsi qu’après un p’tit coup de métro, je pousse la porte du Drunken Magpie, un pub enfumé et sympathique, au comptoir de zinc et aux tables de bois. Les murs sont recouverts de pub oldschool pour toutes les bières de la création mises sous verre et on ne passe ici que de vieux classiques de rock britannique. J’ai bien venir ici parce que la bière est bonne et que, pour une raison inconnue, les abat-jours poussiéreux du lustre sont bleus. Un bleu marine profond que je ne distingue qu’en me concentrant dessus, mais j’apprécie ce genre de défi. Je trouve souvent l’inspiration pour dessiner quand je passe la soirée là. En entrant, je checke vite fait l’écran plat suspendu non loin du bar et hoche la tête avec satisfaction. Pas de match ce soir, ce qui signifie que j’aurai à peu près la paix. Autant qu’il est possible d’avoir la paix dans un pub de quartier populaire quand la sortie du boulot approche pour tout le monde, ceci dit. Commandant une pinte de brune, je vais m’installer à la petite table ronde au coin de la pièce où je pose mon cul chaque fois que je le peux et sors tranquillement mon carnet et mes crayons de mon sac. Ensuite, je patiente en laissant traîner mon regard un peu partout. Mine de rien, je me sens déjà mieux, assis là sans personne à siroter ma bière. Quand le pub se remplira, je trouverai facilement deux ou trois tronches à dessiner, même si je ne sais pas encore ce que j’en ferai…
CODE DE PHOENIX O'CONNELL POUR NEVER UTOPIA


✿*゚‘゚・✿.。.:* *.:。✿*゚’゚・✿.。.:* *.:。✿*゚¨゚✎・ ✿.。.:* *.:。✿✿*゚‘゚・✿.。.:* *.:。✿*゚’゚・✿

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Race : Ours blanc -décoloré-
Masculin Messages : 9
Date d'inscription : 06/12/2016

MessageSujet: Re: Happy Hour [Tyr]   Dim 11 Déc - 19:16

J’renifle un bon coup, sans doutes comme tout le monde le fait de bon matin, tout juste après que les premiers rayons de soleils commencent à pointer le bout de leur nez. Le ciel s’illumine lentement malgré l’épaisseur et le nombre incrédule de putains de nuages qui viennent obscurcir ce ciel déjà sans grand intérêt. Fais chier. J’me serais bien foutu dans un coin quelconque à siroter une putain de bière à profiter que ce putain d’soleil m’arrose simplement le coin de la gueule. A ce train là, faudra se satisfaire à se faire saucer la gueule, rien de plus. Bah, dans tout ça je vois au moins le bon côté des choses, je sais qu’un café m’attend, quand je serais sorti de mon amas d’carton. C’est donc de façon lente et nonchalante que je finis par en sortir, imposant ma taille et ma carrure massive aux quelques rares passants qui traversent la ruelle ou je me sois cloitré avant de tituber lentement jusqu’à la porte d’en face, frappant lourdement à celle-ci. Quelques instants plus tard, c’est un petit vieux qui l’entrouvre, regardant bien qui pourrait venir l’embêter si tôt, avant de l’ouvrir et de me demander de patienter, finissant par s’éloigner quelques minutes, me laissant donc tout le loisir d’attendre son retour. Je profite de cet instant pour me masser doucement les tempes, c’est un réveil difficile, pour changer, un profond soupir traverse alors mes lèvres alors que je replace simplement mon T-shirt, récupérant le bol de café que le vieillard me ramène et acceptant sans réellement faire d’histoire les quelques billets qui l’accompagnent. Je glisse tranquillement les quelques billets dans la poche de mon pantalon avant de porter le bol à mes lèvres. Le vieillard ne semble pas particulièrement bavard, il se contente de m’observer en silence, cherchant visiblement à comprendre jusqu’ou tout ce liquide peut descendre et vous vous douterez sans mal qu’il ne me faut pas longtemps pour m’enfourner le contenu d’un bol. Sans réellement avoir à poser la question, il finit par récupérer le bol vide pour aller me remplir une seconde tournée et c’est donc satisfait que je l’accueille, cette fois accompagné d’un bon gros sandwich prévu visiblement à l’avance pour l’occasion. C’est drôle, il commence vraiment à prendre l’habitude de me nourrir, le pauvre homme. Mais rassurez vous, je ne lui extirpe rien par la force, loin de là. Ou tout du moins, pas au sens ou vous l’entendez.

Ça fais quelques temps que j’ai commencé à taper sur le coin de la gueule de quelques malfrats et que je rends service aux gens qui peuvent en avoir besoin maintenant, quand j’suis pas en train de me torcher la gueule dans un coin quelconque. Non pas que j’estime le travail de la police inutile, mais vous n’imaginez pas la quantité de choses à faire qu’elle laisse derrière elle sans pouvoir y faire quoi que ce soit ou tout simplement car les lois ne vont pas dans leur sens. Ou car c’est des trous du cul. Pas de quoi se sentir offusqués, j’dis pas que c’est le cas de tout le monde, mais ça arrive aussi. Pour le coup, j’ai commencé à faire un tantinet parler de moi et certaines personnes, comme ce petit vieux, qui occupent des places plus ou moins stratégiques ont fini par s’ouvrir une sorte de petit comité de voisinage et se chargent grosso merdo de me dire si quelqu’un à besoin d’un coup de main, ce contre quoi, ils m’offrent un peu de monnaie pour que je puisse retourner picoler en paix. Le cercle des choses font donc parfois bien les choses. Je n’ai eu besoin ni d’exposer les idées, ni de demander de l’argent. Ils n’ont pas eu besoin d’aide pour savoir qu’ils ne cracheraient pas dessus et pour me proposer un minimum de structure. En soi, je n’ai rien à y perdre, au contraire. Ils ne cherchent visiblement pas des masses à me faire la leçon, même le contact est en soi limité. Ils se montrent simplement généreux à mesure de mes actions. Ils pourraient m’aimer ou me détester que ça ne me ferais aucune putain de différence. J’y gagne simplement un peu de pain et du liquide sous les deux seules formes qui m’intéressent vraiment. Je finis donc par lui rendre le bol, une fois le déjeuner terminé ce à quoi il me saluera brièvement avant de fermer la porte. Ce gars là, je l’ai tiré d’un mauvais pas, y’a deux mois. Il avait emprunté de l’argent aux mauvais bougres pour payer un médicament pour sa vieille épouse. J’ai entendu l’un des hommes de mains du prêteur dire qu’ils comptaient lui rendre une visite pour soutirer plus d’argent que de raison. Pour ma part, je me suis simplement occuper de « régler les dettes », faisant en sorte qu’ils comprennent que suivre leur idée était une mauvaise idée et que ça pourrait s’avérer suffisamment dangereux pour les dissuader.

J’pris donc ensuite sur moi d’aller me trouver un coin et une occupation. Le vieux n’avait visiblement rien à me donner, je ferais donc le coin des différents voisinages qui s’étaient d’eux même trouvés leur porte parole… Histoire de voir. Mais il s’avère qu’aujourd’hui, c’était réellement plutôt calme. Puis j’suis tombé sur un pauvre type dont la cuisine de son petit restaurant avait pris feu. Il avait visiblement besoin d’un petit coup de patte pour nettoyer tout le chantier que ça avait causé et changer le matériel qui devait l’être. La tâche m’occupa donc toute la journée. L’homme semblait content et soulagé, plus vite cette histoire serait réglée plus vite il pourrait rouvrir boutique et il est vrai qu’engager réellement de la main d’œuvre pour régler ce genre d’histoires pouvait en soi pousser à mettre la clef sous la porte… sans compter la seule et simple possibilité que le temps qu’il le fasse seul… Ce serait en soi un coup dur. Au moment de partir, il s’est simplement satisfait à m’offrir une paye descente pour le travail accompli et m’as annoncé que si j’avais besoin d’un repas à l’œil, je pourrais passer à l’occasion. Soit, j’en aurais sans doute besoin dans pas trop longtemps. Je jette un œil vers le ciel. Putain de temps. Il va bientôt être l’heure de sortie du travail, et par ce temps beaucoup risquent d’aller noyer leurs soucis dans un quelconque pub. En parlant de ça, je connais bien un ou deux pubs ou les proprios tolèrent ma présence, ça serait peut être l’occasion d’aller fêter les quelques biftons remplis, vu que le patron m’as déjà remercié avec un bon casse dalle. Bwah. Pourquoi pas ?

Je finis donc par débarquer dans un pub en plein dans les quartiers nord. Le Drunken Magpie. Alors qu’il venait de passer sa soirée à me lorgner d’un œil mauvais, je l’ai aidé à débarasser le plancher d’une bande de pochtrons. Depuis il m’a même proposé un taff, pour que je garde un œil sur la boutique. Mais n’étant pas particulièrement fan de l’idée de faire de l’immobilisme, surtout dans mon cadre actuel ou je peux me voir pourchasser facilement à vue si on me croise au mauvais moment et que ce soit par une quelconque brigade, fourrière ou encore croix rouge… bref, vous m’avez compris. Je pousse donc la porte, me baissant pour ne pas me prendre la tête contre le mur. Ce pub avait l’avantage d’avoir un plafond assez haut, reste que toutes les portes font deux mètres. Je lui fais donc signe en allant m’installer à une table quelconque, restant discret au possible avant de le voir m’apporter une bière dans ce qui sembles être un des plus gros contenant qu’il puisse posséder. Je le remercie d’un fin hochement et payes directement avant d’entamer paisiblement ma boisson. J’me demande bien à quel point la soirée va être longue et chiante. Comme les précédentes. Mais les choses me conviennent de toute façon parfaitement ainsi. Après tout, il ne fait aucun secret sur le fait que j’suis pas quelqu’un qui cause des masses ou qui cherches à partager un quelconque contact. Je reste donc là, à siroter ma bière paisiblement tandis que n’importe quel œil extérieur ne me verrait sans doutes que comme un des autres ici présent. Comme un pauvre type qui viens noyer ses propres soucis. En beaucoup plus grand et massif.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Masculin Messages : 137
Date d'inscription : 09/12/2016

Petit plus
Hybride(s): None
Maître: None

MessageSujet: Re: Happy Hour [Tyr]   Lun 12 Déc - 13:03


Happy Hour
 
 


J’ai pas posé mes fesses depuis dix minutes à mon poste d’observation que la porte se rouvre à nouveau pour laisser passer le… le Mont-Blanc, je crois bien. Qui bouge. Avec des cheveux. Et des fringues. Du moins, c’est ce à quoi me fait penser la marmule titanesque qui va prendre place à une table et autour de laquelle le pub tout entier, pourtant de très honnêtes dimensions, semble soudain avoir rétréci. Moi-même, alors que je suis dans la moyenne haute du commun des mortels, me voit soudain rétrogradé à l’échelle d’un petit garçon à côté de ce monstre. L’œil fixe, il me faut un moment pour reconnaître finalement Grizzly Man. C’est comme ça que j’l’ai appelé dans ma tête, même si je ne l’ai pas croisé plus de deux fois. La première, je crois que mes collègues de boulot m’avait traîné ici pour le tournoi des Six Nations et, bien que je l’ai remarqué aussitôt (comment rater un bestiau pareil…), j’étais trop occupé à survivre dans le pub bondé de supporters carburant à la bière et aux beuglements virils, sans qu’il y ait moyen ni de bouger ni de s’entendre. Et la seconde, il est arrivé quand je partais et j’étais trop raide bourré pour calculer quoi que ce soit. Mais cette fois-ci, il est là en même temps que moi, alors que le pub est vide et que je suis en pleine possession de mes moyens.

Je réfléchis quelques minutes sans le quitter des yeux, songeur. Je ne le vois qu’en nuances de gris, donc il n’a pas de bleu sur lui. Dommage. Ça ne m’empêche pas d’être fasciné. Je n’ai pas la prétention d’être un artiste, mais quand on crayonne régulièrement son environnement, on apprend à être plus sensible aux trucs qui sortent de l’ordinaire. Et même sans parler de sa stature de géant, ce mec sort de l’ordinaire. Quelque chose me dit que ce n’est pas un ouvrier lambda qui vient vider sa choppe, plus proche de la bassine que de la choppe dans son  cas, pour se vider la tête après une journée de boulot. Si j’étais plus près et sous le bon angle, je dirais que c’est son regard mais la vérité c’est que j’en sais rien. La vérité, c’est peut-être juste que je suis baba comme un gosse devant un type où on pourrait en mettre deux, voire trois comme moi à l’aise. Fort de ces réflexions, j’attrape vite fait mon carnet, remets mon sac sur mon épaule et vide ma pinte d’une traite (pas forcément la meilleur idée que j’ai eu dans ma vie mais passons) avant de me lever et d’aller au comptoir me faire servir la petite sœur. Lorsque mon verre est de nouveau plein, je viens m’assoir l’air de rien à la table à côté de Grizzly Man. Le barman me jette un œil circonspect. Ouais, c’est vrai que j’ai fait plus subtil comme approche.

« B’soir… »

Je tourne la tête vers lui. Enfin, tourne… lève bien haut, quoi. Comme je le pensais, de près c’est encore plus impressionnant. J’ai carrément l’air d’un collégien. Mais tant pis. Des fois, il faut saisir les occasions qui se présentent, même si on fait ça comme un bourrin. Posant mon carnet à dessin bien visible devant moi, j’enchaine aussitôt :

« Ça vous dérange si je vous dessine ? »

Ouais. C’est… direct, mais je voyais pas comment tourner le truc autrement. Après tout, c’est la seule raison qui me pousse à venir le déranger dans sa bassine de bière, je suis pas encore candidat au suicide. Mais ceci dit, je ne lui en voudrais pas s’il m’envoie chier. Moi-même je m’enverrai chier si on m’abordait comme ça… Ptain, ça craint en fait. Vite, faut que je trouve un truc. Mes yeux tombent sur son saladier de bière juste à cette seconde.

« Et je vous paye la suivante. »

Ah. Okay. Pourquoi pas, hein...
CODE DE PHOENIX O'CONNELL POUR NEVER UTOPIA


✿*゚‘゚・✿.。.:* *.:。✿*゚’゚・✿.。.:* *.:。✿*゚¨゚✎・ ✿.。.:* *.:。✿✿*゚‘゚・✿.。.:* *.:。✿*゚’゚・✿

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Race : Ours blanc -décoloré-
Masculin Messages : 9
Date d'inscription : 06/12/2016

MessageSujet: Re: Happy Hour [Tyr]   Lun 12 Déc - 15:10

Putain, c’que c’est bon de pouvoir se poser à un endroit chauffé pour apprécier une putain de bière. En un sens, je pourrais sembler être en train de la boire comme si il s’agissait d’une dernière lampée avant une mission suicide. Si y’a bien une chose que la misère vous apprends, c’est bien ça, apprécier les petites choses de votre quotidien. Bien que ça ne vailles pas un bon combat et le frisson que ça puisse apporter, ça offre tout de même un instant de paix, de calme. Un instant ou on peux se vider la tête, tout simplement. Dans le fond, bien que ce moment demeure aussi agréable, je ne peux soulever qu’un unique et principal souci. C’est aussi le moment idéal pour se souvenir de ce que l’on cherche à mettre de côté. Dans le fond, il ne fait aucun doute que c’est la pire des saloperies possibles. Plus tu vas essayer d’oublier quelque chose, plus ça va venir te hanter au moment ou tu te sens enfin un peu d’humeur sereine et calme. Entre donc l’éternelle et habituelle lutte interne entre le fait de pouvoir savourer cet unique instant, et le fait de faire un point inévitable sur son propre passé, ses erreurs, ses fautes… Pour ma part, une pensée simple effleura mon esprit alors que je me soulevais la douce ironie d’être directement responsable de mon sort. Effectivement, j’avais décidé d’accorder ma confiance en des gens qui logiquement, ne cherchaient qu’à assoir leur puissance. Je ne sais ce qu’est le pire dans cette histoire, avoir été capable d’accorder faussement ma confiance, ou être le seul survivant face à ces retombées insensées ? Avant même de m’en rendre compte, je pousse un profond soupir, mon moral semblant chuter quelque peu.

Il ne fallut cependant pas longtemps avant que l’on vienne me tirer de mes songes -façon polie de dire « faire chier », vous l’aurez parfaitement compris- alors que finalement, je ne demandais qu’à boire ma bière peinard. Il ne me faut donc pas longtemps pour baisser la tête vers blondie, qui malgré son arrivée « fracassante » semblait avoir une idée toute à fait sérieuse derrière la tête. Rares sont les personnes qui prennent autant leurs aises sans lancer un pic ou chercher à critiquer, insulter, charrier… Non, lui s’est simplement assis, me saluant de façon simple. Je pouvais sentir que malgré l’air « cool » qu’il essaie de dégager, il semblait chercher ses mots, tel un petit garçon bafouillant devant le gentil professeur qui s’interpose pour qu’on arrête de voler son goûter. Cette image m’arrache un soupir amusé, alors qu’il m’expose simplement sa demande, l’accompagnant de gestes simples laissant tout à fait deviner le fond de sa pensée. Sa demande, je dois bien l’avouer, me laissa sur le cul quelques minutes. Il est vrai que je me suis habitué à attirer l’œil, les rires et les envies en tout genre. Mais de là à titiller le crayon d’un artiste, en tout cas, qui prennes la peine de venir me demander mon avis, ça, c’était une putain de première. Je m’étais habitué à être traité simplement, plus évité qu’autre chose. Du coup, bien que je possède une furieuse envie de le repousser sobrement, lui demandant de me laisser boire ma bière, voilà qu’il m’achève en proposant de vider son porte monnaie pour l’occasion. Ma réaction à ces mots se voit simple, alors que j’attrape le contenant qui se trouve devant moi pour en descendre le contenu dans un cul sec à t’en faire rougir une armée de Biker. C’est donc sans un mot que je lui pointe le contenant vide. Sans doute est-ce là une façon subtile de lui démontrer mon accord face aux termes de ce « marché ». L’un dans l’autre, je n’ai pas grand-chose à y perdre bien que je sais ce qui risque d’arriver. Il compte sans doute en profiter pour tailler un peu causette. Bien qu’elle ne soit pas particulièrement une amie proche, face à une bière de cette taille, j’ai peu tendance à me montrer aussi réticent que d’habitude. Dans certaines limites, bien entendu.

-Je garde tout de même une question. Pourquoi te faire chier à venir me poser la question, vidant de tes économies alors que tu pourrais très bien le faire de ta place de toute à l’heure ?

Que dire d’autre ? Je l’observe simplement, calme, patient. Je ne prévois pas de dévisser mon cul de ce banc, de toute façon… tout comme lui. Alors autant assouvir ma curiosité. Pour une fois que quelque chose m’intrigue.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Masculin Messages : 137
Date d'inscription : 09/12/2016

Petit plus
Hybride(s): None
Maître: None

MessageSujet: Re: Happy Hour [Tyr]   Mar 13 Déc - 11:36


Happy Hour
 
 


Au début, j’ai cru que c’était grillé. Quand Grizzly Man tourne la tête vers moi en me voyant m’assoir et le saluer comme un chien dans un jeu de quilles, il manque vraiment peu de choses pour qu’il ne me renvoie d’où je viens d’une pichenette. Il hésite pendant un long moment, se demandant visiblement qui est ce gus sorti de nulle part qui vient lui demander un portrait, mais finalement on dirait que mon argument est le bon. À peine ai-je proposé de payer la tournée suivant que je vois son regard changer et la balance pencher dans mon sens. C’est-à-dire en l’occurrence que Grizzly Man penche largement la tête en arrière pour vider en trois longues gorgées l’intégralité de sa bassine de bière sous mon regard, sans en mettre une goutte à côté. Mon visage reste neutre mais, comment dire… C’est assez hypnotique comme spectacle (il va y arriver ? Il va pas y arriver, quand même…). Quand il repose le récipient désormais vide sur la table et me le pointe du doigt en silence, il me faut deux secondes pour réagir. D’accord. Bien, m’sieur. Ensuite seulement je me lève, choppe la bassine et la ramène au comptoir pour y remettre la dose, échangeant une longue conversation muette dans le blanc des yeux du barman, cherchant activement à savoir quel pan de la réalité j’ai bien pu rater pour vivre une scène aussi surréaliste. Enfin, comme bien souvent, je préfère ne pas trop y réfléchir et je me contente de rapporter sa bière à Grizzly Man avant de me rassoir pour sortir tout mon matos et commencer mon office. Au moins, j’ai eu ce que je voulais, c’est le principal. Il choisit cet instant pour me poser une question tout à fait pertinente. En guise de réponse, j’extirpe mon boitier à lunettes de mon sac pour chausser lesdites binocles, puis je pointe ma tête du doigt :

« Pour que ça ressemble à quelque chose. Et parce que j’ai déjà fait suffisamment de vues d’ensemble de ce pub pour retapisser tout le comptoir. »

C’est vrai que maintenant que j’y pense, ça fait un moment que je viens squatter ici en particulier pour dessiner entre deux pintes de brunes. Un peu moins de six ans, depuis que je suis arrivé à Londres, je crois. Le patron ne me traite pas plus que ça comme un habitué parce qu’il sait que ça m’arrange, mais en général il ne lève même plus la tête quand je passe la porte et me sers ce que je veux sans même que j’ai à le commander. Une sacrée habitude. C’est le lustre qui fait ça, sans doute. Pis j’aime bien l’ambiance. Pour le reste, disons que c’est l’argument facile : ma vue n’est pas si dégueulasse que ça et j’aurais sans doute pu dessiner de mon ancienne place. Mais ça n’aurait pas été pareil. Je vais pas l’emmerder avec mes considérations d’artiste du dimanche mais je fais des portraits pour saisir des gens, des gens bien précis et pas juste des silhouettes dans une scène. Et pour ça, il vaut mieux se rapprocher, dans tous les sens du terme. Il faut peut-être d’ailleurs que je glisse l’idée pour éviter toute mauvaise surprise, que Grizzly Man sache dans quoi il s’engage. Dégageant une belle page blanche dans mon carnet, j’ajoute donc négligemment tout en vérifiant que mes crayons sont bien taillés :

« Pis c’est plus pratique pour discuter. Si ça vous gonfle, je fermerai ma gueule mais j’aime bien parler avec les gens que je dessine. C’est plus pratique pour me souvenir d’eux quand je feuillette mes vieux carnets… Vous êtes pas obligé de rester complètement immobile. »

Dans l’idéal, ça m’arrangerait mais je vais peut-être pas trop en demander. Déjà que je me demande combien peut coûter la bière servie en saladier… La mine en suspens au-dessus du papier, je ne me lance pas tout de suite. Avant ça, je le fixe pendant deux bonnes minutes, la concentration branchée plein pot, pour me familiariser avec mon modèle. Inclinant légèrement la tête de temps à autre, cherchant les bons angles, je tente de comprendre, de saisir comment fonctionnent ces traits burinés, ce visage marqué par le temps, ce corps chargé d’histoire. Mentalement, j’enlève et replace les couches une à une, peau, muscles, os, pour discerner l’agencement de toute cette mécanique, la façon dont elle transporte une identité que je vais sans doute essayer de percer. C’est le secret d’un bon portait. Ensuite seulement, une fois que j’ai capté l’essentiel et que je suis dans l’état d’esprit adéquat, je me lance. À la mine sèche d’abord, celle qui ne laisse qu’un infime trait gris facile à gommer, j’esquisse la silhouette avec des formes géométriques très simples reliées entre elle par des traits. Deux trois lignes vite fait me servent aussi à placer le rebord de la table, la bassine de bière et les murs autour. Ça, ce sera pour la fin.

« Ça fait pas si longtemps que ça que vous venez ici, vous… »

Autant commencer en douceur.
CODE DE PHOENIX O'CONNELL POUR NEVER UTOPIA


✿*゚‘゚・✿.。.:* *.:。✿*゚’゚・✿.。.:* *.:。✿*゚¨゚✎・ ✿.。.:* *.:。✿✿*゚‘゚・✿.。.:* *.:。✿*゚’゚・✿

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Race : Ours blanc -décoloré-
Masculin Messages : 9
Date d'inscription : 06/12/2016

MessageSujet: Re: Happy Hour [Tyr]   Mar 13 Déc - 14:38

Contre toute attente, plutôt qu’à faire signe au barman, le jeune homme sembles vouloir faire preuve de tout le poids de sa détermination en ramenant mon godet jusqu’au comptoir pour le remplir lui-même, le rapportant ensuite, sans doutes avec plus de difficulté qu’à vide… Mais il se défendrait bien, le bougre. Face à un grand Godet. Il vint alors le poser face à moi avant de finir se préparer son attirail suite à quoi il céda finalement une réponse à ma question. Son argument se tenait. En même temps, il m’as rapporté ma bière, j’vais pas me montrer casse couilles. Je suis pas un expert, mais c’est sûr que j’ai moins de difficultés à détailler sa gueule à cette distance que là ou il était. Non pas que je veuille la détailler, dans le fond, je m’en balance. Je dis simplement que je comprends son argument. La seconde partie de sa phrase finit par me donner bien assez d’information à elle seule. Effectivement, le tenancier ne risque pas de laisser se servir quelqu’un comme il vient de le faire avec un sourire amusé, face au premier venu. Ce n’est ni son premier dessin, ni le premier qu’il effectue ici et je ne suis dans son esprit finalement qu’un des nombreux modèles qu’il à du arrêter sur son chemin. Cette pensée me satisfait. Je ne suis pas un exemple de fanfaronnerie et je ne demande pas à ce qu’on me garde en mémoire, au contraire. Je fais simplement ce que j’ai à faire, quand je dois le faire. Pour le reste… c’est mon affaire. Je me contente donc de satisfaire mon envie, venant attraper ma bière pour me remplir la bedaine sans réellement demander mon reste alors que je m’enfile une bonne lampée. Vint alors son second argument, celui-ci, tout aussi logique et imparable m’arracha tout de même un fin grognement. Bah, je présume que quoi qu’il en soit, je n’aurais pas pu passer à côté. Bah, dans un sens ça me stressera sans doute moins que de sentir sa présence à côté de moi à jouer avec ses crayons. Ce genre de bruit est… dérangeant, non ? Quand on veut se poser au calme et qu’on s’est simplement habitué au brouhaha des voix. Ce genre de bruits, fins, pas forcément désagréable, hein, mais juste présent… c’est à rendre fou. Dans le fond, autant papoter pour en couvrir le bruit. Si toutefois des questions intéressantes tombent sur la table.

Je jette un œil sur son papier, de temps à autres. Ça avance tranquillement. Finalement, je me rends compte d’un détail. On peut causer, oui. Mais si on cause et qu’il prend bien en considération son dessin, il risque de tiquer pour la large et profonde cicatrice de mon bras gauche. Bien qu’elle parte de l’intérieur, et soit sans doute moins visible de sa position. Non pas que je me voie sujet à une quelconque panique hein. J’me dis juste que si le sujet tombe, ça risque de faire un peu désordre. Bon, l’un dans l’autre je pourrais simplement prétexter une partie de vérité et mentionner ma carrière militaire dans un autre pays sans entrer plus dans le détail. Il est vrai qu’en deux ans, il s’avérait être une des premières personnes à venir « me causer » en présentant assez d’arguments valables pour que j’accepte, pour le coup… Soit il était très malin, soit particulièrement veinard. Bien que j’aurais pas la prétention de m’avancer comme étant une « chance » de ce bas monde. Juste un grand idiot qui aime à jouer des poings. Dans le fond, c’est simplement que je n’avais jamais eu à réfléchir à ce genre de conneries avant. Bah, et puis merde. Je vais pas me décarcasser pour si peu. Si il pose la question bah… j’aviserai. Je reprends une lampée d’alcool, paisible. Cette pensée m’ayant effleurée n’as sans doute pas montré grand signe d’inquiétude sur ma trogne même si je me suis arrêté dans mon mouvement visant à attraper ma bière une ou deux secondes. Dans le fond, il doit pas avoir trop à se plaindre, j’suis pas chiant comme gaillard. Je ne bouges que pour attraper ma bière et me l’enfiler. Il vint alors avec sa première question. Avant même que je ne me rende compte que finalement, hormis en grognant légèrement, je ne lui avais même pas particulièrement répondu. Question facile, d’attache. Pas con. Parfois lancer une question stupide pour engager la conversation est une bonne clef pour s’ouvrir des portes par la suite. Ça fais partie des choses que j’ai entendu, dans mon passé lointain. On m’avait appris à cerner les autres, pour que je puisse mieux les enculer, sans doutes.

-Y’a presque deux ans. Puis une ou deux fois entre les deux.


Parlant visiblement de la finalité représentée par aujourd’hui. Maintenant que j’y pense, j’ai peut être déjà croisé sa gueule une ou deux fois dans le coin. Maintenant que j’y pense, la cicatrice de mon bras gauche est loin d’être la seule visible. Bien que les autres sont tirées d’entailles bien moins graves. Cette pensée m’arrache un fin soupir. J’aurais sans doute à y passer. Lui retourner la question s’avèrerait inutile. A vu de nez je dirais que ça doit bien faire au moins quatre ans qu’il vient. Il faut au bas mot cette petite base pour qu’un barman se montre aussi « gentil » avec son comptoir. Et encore, il devait être un client régulier et « agréable ». J’interroge passablement le barman du regard, comme si il allait comprendre ma question. Ce à quoi il répond d’un sourire. Je présume que je peux prendre ça pour un oui…

✿*゚‘゚・✿.。.:* *.:。✿*゚’゚・✿.。.:* *.:。✿*゚¨゚✎・ ✿.。.:* *.:。✿✿*゚‘゚・✿.。.:* *.:。✿*゚’゚・✿

Force honneur et respect sont maîtres mots, le reste n'est que poussière.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Masculin Messages : 137
Date d'inscription : 09/12/2016

Petit plus
Hybride(s): None
Maître: None

MessageSujet: Re: Happy Hour [Tyr]   Mer 14 Déc - 21:18


Happy Hour




« Hum. Je me disais, aussi. Comme ça fait presque six ans que j’y viens régulièrement, je vous aurais remarqué plus tôt, sinon… »

Je m’attendais à ce qu’il me dise carrément que ça le fait chier de causer quand j’ai évoqué la chose, mais finalement je n’ai qu’un grognement pour toute réponse. Pas de non franc et massif. C’est mieux que ce que j’espérais, même si je ne vais pas lui tenir la jambe plus que ça. Je ne suis pas du genre à forcer la conversation. Quand ça vient, ça vient, sinon je me tais. En l’occurrence, ce n’est pas nécessairement fulgurant au début. Je suis concentré sur ce que je fais et lui siphonne sa bière tranquillement, jetant de temps en temps un coup d’œil à mon carnet. J’ai commencé à ajouter les volumes sur le squelette de bâton du début et je les égalise avec soin, soignant les attaches avec un crayon un poil plus gras mais pas de beaucoup. On ne dirait pas comme ça, mais c’est là que tout se joue. Si la composition est bonne, si les proportions sont justes, le dessin sera réussi. Le niveau de détail viendra l’embellir par la suite, mais l’harmonie de l’ensemble tient d’abord à ces éléments de base. C’est parce que je me focalise dessus pour ne pas les rater que je ne remarque pas tout de suite les cicatrices qui émaillent les avant-bras découverts de Grizzly Man.

Si j’avais la vision couleur, peut-être que je les auraient vues plus rapidement. Là, il me faut un petit moment pour comprendre ce que sont les lignes plus claires sur sa peau. Après évidemment, je les considère avec curiosité. C’est qu’il y en a un paquet et parfois des grosses, comme celle sur son avant-bras. Je ne sais pas comment il s’est fait ça mais à mon avis, c’était pas en préparant des brochettes… Sans rien dire pour l’instant, je les observe. Des fois, y a des gens qui semblent sortir de films, pour peu qu’on laisse un peu dériver son imagination. Dans le cas présent, je suis à deux doigts de me dire que c’est un ancien du MI6 ou d’une brigade anti-terroriste, au passé lourd et sombre, qui tente de faire oublier après la mission de trop où il a vu mourir tous ses amis. Et là, dans un pub comme ça, ce serait le moment où un mec en costume arriverait pour s’installer d’office à sa table en commandant un verre de scotch pour lui dire que la Couronne a de nouveaux besoin de ses talents, pour une action ultra risquée que lui seul peu accomplir. Et là il refuserait en disant qu’il a raccroché avant de quitter le pub, mais après les méchants buteraient sa femme ( ?) et kidnapperait sa fille ( ??) et il reprendrait du service et… et moi je resterai comme un con ici avec mon dessin pas fini. Mouais, je ferais sans doute pas un très bon scénariste. C’est pourquoi après un instant de silence, je finis par lui poser directement la question :

« Sans vouloir être indiscret, vous avez quand même vachement plus de cicatrices que la moyenne. On dirait que vous avez eu une méchante histoire avec une scie sauteuse… »

Si je suis ma logique, je pourrais être le sidekick embarqué dans l’histoire complètement par hasard, qui serait un boulet au début et finirait par devenir utile à la fin dans une situation périlleuse, avec environ 50% d’y laisser ma peau pour amorcer une séquence émotion. Et là, je me dis qu’il faut vraiment que j’arrête les blockbusters en chassant les pelures de gomme de mon carnet…
CODE DE PHOENIX O'CONNELL POUR NEVER UTOPIA


✿*゚‘゚・✿.。.:* *.:。✿*゚’゚・✿.。.:* *.:。✿*゚¨゚✎・ ✿.。.:* *.:。✿✿*゚‘゚・✿.。.:* *.:。✿*゚’゚・✿

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Race : Ours blanc -décoloré-
Masculin Messages : 9
Date d'inscription : 06/12/2016

MessageSujet: Re: Happy Hour [Tyr]   Jeu 15 Déc - 13:57

Ouais, je n’ai pas tapé bien loin d’la putain de vérité, en somme. J’hoche légèrement sur le côté, mon raisonnement était bon, pour le reste, j’avais pas vraiment les cartes pour faire preuve de précision. Sans doutes me direz vous qu’on s’en fout de la précision, enfin, dans le cas présent, j’peux pas franchement dire que j’ai beaucoup d’importance à y accorder. Ça n’accordera finalement seulement quelques lignes supplémentaires dans le fil de mes pensées. J’suit plus ou moins l’avancée de son dessin. D’instinct, j’peux que constater qu’il s’y connait, l’marmot. Encore heureux, vous me direz. Quoi que dans le fond, y’a pire que servir de modèle à un débutant. Même si j’ose espérer qu’il aura la langue bien moins pendue. Avant de m’en rendre compte, je pousse un simple soupir, commençant peu à peu à me perdre dans mes pensées face au silence s’installant, laissant place au son chiant qui se transforme peu à peu en une sorte de berceuse pour esprit. C’con, quand ça fait ça, d’ailleurs. Je présume qu’on finit par s’habituer à tout et encore heureux que j’avais une bonne capacité d’adaptation. Ouais… encore heureux. Je serait mort depuis bien longtemps, aujourd’hui, sinon. En y pensant, c’est vrai que j’aurais aimé que ma vie soit un exemple à tirer lors d’un grand film à succès. L’agent secret apprécié et respecté, le père qui prends en chasse les vilains… Après honnêtement, j’ai pas vu assez de films pour pouvoir exposer une idée quelconque de scénario palpitant, ou que sais-je encore. Mais y’a une chose que je peux dire. J’ai jamais entendu parler d’un film qui mette c’que j’ai vu en boite. Jamais. Enfin, pour la première partie de ma vie, peut être. Tout le monde finit par se faire trahir un jour ou l’autre, et je gage que la situation reste commune dans l’histoire. Pour la seconde, en revanche… Bah, dans le fond y’a pas grand-chose à en raconter. Ce n’est qu’une histoire basée sur le sang. Le sang, la haine et les tripes. Rien de folichon, quoi. J’me revois encore la première fois que j’ai été lâché dans cet enfer, avec comme seule possibilité d’ôter leur vies pour survivre. La confusion, la haine, la peine. Tout est encore parfaitement gravé dans mon cœur et mon esprit. Tout est là, enfoui, hurlant comme la bête enragée que j’ai été forcé de devenir. Vous savez, ça vous change un homme. Vous ne voyez plus les choses de la même façon, vous ne vous rendez même plus compte du métal qui entaille votre peau et chaque être qui se présente à vous sonne comme un présage de mort. C’est quand vous êtes dans l’ombre, seul, que vos actions viennent vous tourmenter. Non… je doute que ce genre de scénario serve dans un film. Un film est là pour dévoiler l’espoir, donner un peu de rêve aux gens. Cette histoire ne ferait que les ravager, les dévaster en leur montrant que ce monde ne cache finalement pas que du beau, il briserait la réalité « bisounours » que tout le monde s’empresse depuis beaucoup trop d’années à ancrer dans le crâne du commun des mortels, de tous ces moutons. De toutes ces victimes de leur propre faiblesse.

Je me vois finalement tiré de mes songes par mon jeune artiste du moment, secouant faiblement la tête, comme pour chasser le poids de toutes ces pensées, et soupire faiblement en constatant de sa question. Bien que sa tournure m’arrache un fin sourire amusé. Arrive donc la question que je me suis posé plus tôt. Mentir ? Dévoiler ? Nah. Pas tout. Que tous les dieux possibles et leurs putains m’en pardonnent, bien que je ne sois pas particulièrement croyant. Mais le jour où j’ouvrirais mon histoire dans un putain de pub pour un gosse aussi facilement n’est pas encore venu. Et ne venez pas me parler de « partager de l’expérience » ou une connerie du genre. Quelle expérience tu veux tirer de « ça » si ce n’est de briser une partie de ce sur quoi repose l’esprit du mouton ? Enfin, rien me dit que l’homme assis paisiblement à ma gauche en soit un. Ce n’est pas spécialement ce qu’il dégage. Mais ça n’y changes pas grand-chose.

-J’ai été dans l’armée, dans un autre pays, en un autre temps.

Ma réponse était simple, mais pouvait en dire bien long. Bien que dans le fond, je doute que ça suffise à le convaincre en ce qui concerne les cicatrices. Quoi qu’il puisse sans mal se mettre en tête pleins d’histoires si ça lui chante, tant qu’il ne se montre pas trop envahissant sur le sujet. J’préfère encore qu’il m’interroge sur mon rôle dans l’armée, l’poste que j’occupais. Même si dans le fond, ça reviendrait sans doute à devoir dévoiler ce que je suis. Bien que dans le fond, j’ai jamais vraiment pris la peine de le cacher. Ma foi, l’un dans l’autre, quelle importance ça peux bien avoir ? On à déjà de toute façon échangé bien trop de banalités à mon goût. Je reprends donc une machinale et longue lampée. Comme pour me préparer au possible assaut qui se préparait.

✿*゚‘゚・✿.。.:* *.:。✿*゚’゚・✿.。.:* *.:。✿*゚¨゚✎・ ✿.。.:* *.:。✿✿*゚‘゚・✿.。.:* *.:。✿*゚’゚・✿

Force honneur et respect sont maîtres mots, le reste n'est que poussière.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Masculin Messages : 137
Date d'inscription : 09/12/2016

Petit plus
Hybride(s): None
Maître: None

MessageSujet: Re: Happy Hour [Tyr]   Sam 17 Déc - 15:01


Happy Hour



Je suis sûr qu’il en a partout ailleurs. Vu la façon dont elle se prolonge sous ses vêtements, c’est pas possible qu’il en ait que sur les bras. Et si le reste est à l’égal de ce que je vois, c’est le genre de nu que je paierais cher pour pouvoir dessiner. Tous les corps racontent une histoire intéressante, mais certains sont de petites comptines, d’autre de paisibles natures mortes et certains encore des cathédrales entières. Et on va pas se mentir, ce sont ceux où le challenge est le plus alléchant. Mais ce sont pas des trucs qu’on demande le premier soir, à plus forte raison à un type à qui on parle pour la première fois après lui avoir payé un coup. Socialement, c’est pas bien admis… Mes réflexions sont interrompues, et mon crayon aussi, lorsque Grizzly Man répond à ma question, après un silence et un soupir. Je le regarde, pas trop sûr de l’attitude à adopter. L’armée ? Genre, j’ai vu juste pour l’agent spécial et tout ? Finalement, ça me fait sourire lorsque je retourne préciser les lignes de son avant-bras gauche. Je suis peut-être pas si scénariste si merdique que ça…

« C’est marrant parce que c’est justement ce que j’étais en train de m’imaginer. À peu de choses près… »

Ouais… Je sais pas ce qu’il en était avant mais depuis mon réveil, je suis content d’avoir de l’imagination. Certes, ça me met parfois dans des situations à la con mais au moins je suis assuré de m’ennuyer moins souvent que les gens plus chichement pourvus. Ça met de la couleur dans ma tête. Je présume que j’étais pas trop mal avant parce que je savais déjà dessiner en me réveillant (même si j’ai fait de gros progrès depuis). Mais bon, dans les faits j’ai pas moyen de le savoir. Je ne me souviens de rien avant Lanteen et, plus les années passent, moins ça m’intéresse. Maintenant, je suis quelqu’un d’autre, un point c’est tout. J’ai pas spécialement envie de rencontrer le moi d’avant si c’est pour qu’il vienne foutre la merde dans ma vie d’aujourd’hui. Ces considérations ne me préoccupent pas longtemps. J’en suis navré d’avance pour Grizzly Man, mais sa réponse est une poupée russe : dedans, il y a d’autres questions, dont je présume que les réponses appelleront elles aussi de nouvelles questions. C’est vrai, quoi. C’est bien beau d’avoir été soldat, mais tous les soldats ne se retrouvent pas couturés à ce point. Et puis ça veut dire que c’est un étranger aussi, puisqu’il n’était pas dans l’armée britannique. Tout en commençant à esquisser les traits de son visage, je ne peux pas m’empêcher le considérer avec une curiosité accrue. Quand je me suis réveillé sur la plage de Lanteen, j’étais une gosse, une page blanche. Je savais marcher, bouger, parler et c’était à peu près tout. Des trucs me sont revenus petit à petit mais même après dix ans, j’ai toujours de grosses lacunes dans les savoirs qu’un homme de mon âge est censé posséder. Aussi, c’est devenu un réflexe de survie que de capturer tout ce qui s’offre à mon regard, d’absorber toutes les connaissances nouvelles qui se présentent. Et là, avec Grizzly Man, je suis tombé sur un gros filon. Le tout sera de savoir jusqu’où je pourrais creuser avant que ça ne devienne glissant et qu’on m’envoie sur les roses. Boarf, je suis ready. J’ai l’habitude.

« Vous étiez où ? Qu’est-ce qui se passait là-bas ? »
CODE DE PHOENIX O'CONNELL POUR NEVER UTOPIA


✿*゚‘゚・✿.。.:* *.:。✿*゚’゚・✿.。.:* *.:。✿*゚¨゚✎・ ✿.。.:* *.:。✿✿*゚‘゚・✿.。.:* *.:。✿*゚’゚・✿

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Happy Hour [Tyr]   Aujourd'hui à 22:19

Revenir en haut Aller en bas
 

Happy Hour [Tyr]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Happy Hour au Royal Oak [Pv]
» 04. Happy Birthday, Cat.
» OUR SOLEMN HOUR
» 06. Sunday, Monday, Happy Days. || with Chris Lorentz
» Happy B-day tooooooo youuuuuuuuuuuu! ^^

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Dear Hybride :: Quartier Nord :: Bars-